Réforme de l’audiovisuel : des points de vue divergents.

La conférence proposée par le FIPADOC ce vendredi matin réunissait des invités de marque : Delphine Ernotte-Cunci, présidente de France Télévisions ; Laurent Vallet, président de l’INA ; Emmanuel Priou, producteur (Bonne Pioche) et président du SPI (Syndicat des Producteurs Indépendants) ; David Assouline, sénateur PS ; et le documentariste Rémi Lainé, administrateur à la SCAM. 

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L’Affaire Caravage

Sélection Officielle FIPADOC 2020 – En compétition – Documentaire national

Une coproduction Arte France avec la participation de France 3 Ile de France
Avec le soutien du programme Europe Creative – MEDIA de l’Union européenne, du CNC, de la PROCIREP-ANGOA, de la Région Ile-de-France
Arte distribution

En avril 2014, une œuvre magistrale est découverte dans le grenier d’une maison toulousaine. Elle serait de la main du Caravage et perdue depuis 400 ans. Cette nouvelle va conduire Frédéric Biamonti, le réalisateur, entre Paris, Toulouse, Londres, Rome, Naples, Malte et New York. Nous pénétrons dans les coulisses du monde énigmatique de la peinture ancienne, au milieu des experts, marchands et restaurateurs, et rien ne se passe comme prévu. Attribution, estimation, destination finale, les péripéties de cette « Judith et Holopherne » ressemblent à la vie tumultueuse de son créateur, Michelangelo Merisi dit le Caravage.

Le sujet peut sembler un peu austère au premier abord mais il est traité comme une enquête, dont on suit l’évolution, étape par étape, avec son lot de suspense, de découvertes et de retournements. Cette écriture ingénieuse nous tient en haleine jusqu’à la fin du film.

C’est le fruit d’un très long travail (5 ans) de la part du réalisateur qui a pu rencontrer des experts au quatre coins du monde. Le sujet est donc très bien documenté. Il nous permet de comprendre ce qui fait la singularité de l’oeuvre de cet immense peintre qu’est le Caravage et aussi d’appréhender le fonctionnement du marché international de l’art.

Cette peinture exceptionnelle suscite d’emblée la curiosité d’un comissaire priseur à Toulouse qui avertit alors ses contacts à Paris, parmi lesquels Eric Turquin, un des plus grands experts en peinture ancienne. Celui ci acquiert très vite la conviction que c’est un tableau du maître italien. La peinture coche en effet un certain nombre de cases. C’est une scène biblique : Judith décapitant le général assyrien Holopherne devant la servante Abra. La violence qui se dégage de la toile est caractéristique des tableaux du Caravage. Le naturalisme radical aussi, en passant par une utilisation innovante du clair-obscur, interpelle le spectateur.

Le tableau est estimé dans un premier temps à 120 millions d’euros. Une somme astronomique, peu courante pour le marché de la peinture ancienne. Cepandant la parenté de l’oeuvre est contestée par d’autres experts qui attribuent la toile à un artiste qui réalisait des copies du Caravage. Commence alors un combat pour Eric Turquin qui joue à la fois le rôle d’expert et de vendeur dans cette histoire. Une position ambigüe qui soulève des questions sur la crédibilité des professionnels du marché de l’art. Turquin doit réussir à convaincre qu’il s’agit bien d’un tableau authentique pour qu’il se vende au prix escompté. Les enchères sont risquées dans ce contexte…

Le réalisateur met donc en évidence les stratégies commerciales qui sont déployées pour suciter la convoitise. Il part à la rencontre de ceux qui font autorité dans ce petit monde et nous dévoile les rouages du marché de l’art. On découvre notamment une entreprise qui rassemble une grande quantité de données afin d’informer les acheteurs dans le monde entier. Dans cette affaire, il est aussi question de souveraineté nationale puisque le gouvernement français a d’abord voulu la conserver sur le territoire, au Louvre éventuellement, mais cette position s’est ensuite révélée intenable. Les estimations se fondent sur les indices d’un marché global qui ne connaît pas de frontières. Lorsque les prix atteignent un tel niveau (120 millions cela représente 15 ans du budget d’acquisition du Louvre) les musées ne peuvent plus suivre.

Un documentaire très dense donc, écrit comme une aventure avec de multiples rebondissements, qui nous révèle l’importance et la complexité des enjeux dont il faut tenir compte lorsqu’on aborde ce sujet.

Les promesses de la Jeune Création

Courts-métrages jeune création – vendredi 24 à 9H30

Les films projetés lors de la séance font partie de la compétition Jeune Création, qui réunit des documentaires courts réalisés par des élèves d’écoles de cinéma.

A travers la voix d’un présentateur radio de nuit, 25th Hour de Juho Reinikainein suit le temps d’une nuit différents travailleurs à travers leur routine et leur solitude. Mother’s de Hippolyte Leibovici nous emmène dans les coulisses d’un cabaret observer la préparation de quatre drag queens avant leur spectacle. Dans Intérieur-Extérieur de Alice Boccara Lefèvre et Charlotte Ballet-Baz, Catherine nous dévoile quelques-unes de ses correspondances avec des détenus de longue durée. Enfin, For Eunice de Jaan Stevens nous présente le quotidien d’une enfant ghanéenne dans une banlieue de Belgique.

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Pitchs internationaux

Jeudi 23 Janvier, 9h30-13h – Les Journées Professionnelles

Ce matin, quinze projets sélectionnés ont été présentés lors de la session de pitchs internationaux durant les journées professionnelles.

Animée par Gitte Hansen (FIRST HAND FILMS) et Margje De Koning (MOVIES THAT MATTER), la session de pitchs internationaux du FIPADOC réunissait 5 projets français et 10 internationaux, dont 3 projets suédois dans le cadre du Focus 2020. Dans une ambiance plutôt décontractée, chaque producteur se prête à l’exercice exigeant de présenter un projet de film en sept minutes, devant un public composé de chargés de programmes, de diffuseurs et de distributeurs. A l’issue de cette séance, des sessions de rencontres permettront aux professionnels d’échanger autour des projets.

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Vie et destin du livre noir : Une autre histoire de la seconde guerre mondiale

C’est l’histoire d’un livre maudit, de son destin et de celui de ses auteurs. Des mois de recherche, des milliers de corps exhumés et autant de témoignages d’atrocités commises par les nazis dans les territoires occupés d’URSS. Autant de preuves qu’il fallait réunir pour faire condamner les criminels de guerre. Tel était l’objectif du Livre noir dont la rédaction fut confiée à un groupe d’auteurs mené par Ilya Ehrenbourg, écrivain, journaliste et reporter de guerre et Vassili Grossman, ingénieur chimiste qui deviendra à son tour reporter de guerre puis écrivain.

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L’impact producing selon WG FILM

Qui dit nouvelle édition du FIPADOC dit nouvelles journées professionnelles. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir « l’impact producing » lors d’une conférence animé par Frederick Gertten et Margarete jangard de WG FILM (société de production suédoise) et qui a rencontré un grand succès auprès des festivaliers.
Mais alors, qu’est ce que « l’impact producing » ? Selon Frederick Gertten, « L’impact producing » c’est concevoir un film comme outil du changement, « a tool for change ». Aussi, la manière de produire est au moins aussi importante que le film en lui même. Pour comprendre cela, faisons un focus sur « Big boys gone bananas ! » produit par WG FILM qui mène une investigation sur les travers du commerce de la banane en ciblant particulièrement l’entreprise DOLE, une grande firme d’agro-alimentaire.

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Les documentaires animés, tendance moderne et convaincante

Les plus curieux ont pu trouver, en parcourant les films sélectionnés au FIPADOC cette année, quelques documentaires en partie ou totalement animés. Ces films, à la croisée des genres, ouvrent des possibilités inédites en termes de narration, de construction du récit ou de procédés de réalisation. Ils sont pourtant difficiles à financer, et peinent parfois à trouver leur public ; ceci explique notamment pourquoi ils s’avèrent être rares, mais précieux.

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Conférence « Le regard des femmes dans le documentaire »

Jeudi 23 janvier 2020 après-midi au Port des Pêcheurs a eu lieu une conférence autour du regard des femmes dans le documentaire. Cette conférence a été pensée par la délégation suédoise à l’honneur cette année pour cette deuxième édition du FIPADOC. Klara Grunning du Swedish Film Institute présidait la conférence accompagnée de la réalisatrice Lina Mannheimer, de la présidente de la SCAM Laetitia Moreau et de la productrice suédoise Stina Gardell.

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1973, une ambassade face à la tourmente

Le 11 Septembre 1973, Salvator Allende meurt dans son palais présidentiel de la Moneda à Santiago. Le général Pinochet prend autoritairement le pouvoir et incarcère les opposants jusque dans les stades qui deviennent de véritables camps de torture à ciel ouvert. Dès les jours suivants, des réfugiés affluent à l’ambassade française, espérant y bénéficier d’une protection politique. Face au manque de réactivité du Ministère des Affaires étrangères, les diplomates prennent l’initiative de leur ouvrir la porte, tandis que Pierre de Menthon, l’ambassadeur français de l’époque,  en accueille également dans sa demeure. Ces engagements permettront de sauver plus de six cents militants recherchés par la nouvelle junte militaire.

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