Barracuda – la gifle aquatique

De Hugo A. et Sarah C.

Projetée Mercredi 25 dans le cadre de la compétition, et  en présence du réalisateur, Barracuda est une série australienne,  qui raconte l’histoire de Daniel Kelly, un jeune australien issu de classes populaires, passionné de natation depuis son plus jeune âge. Ses entraînements acharnés lui permettent d’intégrer le lycée privé de Melbourne qui forme les plus grands nageurs australiens.

C’est la seconde fois que le réalisateur, Robert Connolly, s’associe avec l’écrivain Christos Tsolkias pour une mini-série. En 2011, il adaptait le roman La Gifle en huit épisodes de 51 minutes. Diffusée sur Arte en 2013, elle permit au réalisateur d’acquérir une renommée internationale. C’est pourquoi la série était tant attendue au FIPA.

Dans Barracuda, Danny voit en grand. Il se voit déjà détrôner le champion de son lycée, Martin Taylor,  et ses trois acolytes du grand bassin. Danny doit non seulement se dépasser physiquement mais aussi dépasser les discriminations dont il est la cible. Sa mère étant grecque, comme l’auteur à l’origine du roman, il est mis à l’écart. On peut imaginer que Christos Tsolkias s’est inspiré de ce qu’il a lui-même vécu.

A chaque nouvel épisode, une nouvelle année et de nouvelles ambitions. 1996, son entrée au lycée et sa première victoire aux championnats des lycées régionaux, 1997 et sa victoire aux championnats nationaux d’Australie, 1998 avec les jeux du Commonwealth et enfin les Jeux Olympiques de Sydney en 2000.

Cette série de 4 fois 55 minutes a été diffusée en 2016 sur ABC (Australian Broadcast Channel) et a connu un certain succès sur le petit écran avec une audience avoisinant les 600 000 personnes en Australie pour le pilote. Nous avons eu la chance de voir les deux premiers épisodes en exclusivité européenne.

Pour Robert Connolly, le réalisateur de cette micro-série, même si les deux premiers épisodes retracent plutôt les débuts prometteurs du sportif, la série traite aussi de l’échec, de la chute du jeune homme dans sa quête de gloire et de reconnaissance.

Comme le dit un des professeurs du lycée dans le premier épisode, le sport dans cette école est sacré et relève plus de la religion que du simple divertissement. Comme le montre les nombreuses scènes filmées sous l’eau au ralentit, la natation est une forme de méditation, de moyen de s’échapper de son quotidien. Alors, Danny le fait passer avant ses amis et sa famille ; il demande même à sa copine de penser pour lui, comme il n’a pas le temps. Barracuda  est une série intéressante dans la façon avec laquelle elle aborde l’adolescence, ses rêves, la découverte de la sexualité et bien sûr, le monde du sport. Danny est persuadé qu’il est le meilleur car on ne cesse de le lui répéter. En conséquence, il veut toujours être plus rapide, plus fort, mieux que les autres. Mais plus haut il sera, plus difficile sera la chute. Le personnage de l’entraîneur, qui se fait mentor pour l’ensemble de l’équipe, guide le jeune Danny dans son ascension, et tente de l’aider à se dépasser. Après sa première victoire, ses camarades qui le méprisaient, trouvent pour lui le surnom de Barracuda.

Non seulement le casting pour le jeune homme n’a pas été facile, mais il a en plus fallu ensuite apprendre à Elias Anton à nager le papillon et le crawl comme un professionnel. L’acteur a alors passé quatre mois en immersion avec des nageurs australiens, certains champions olympiques. Selon Connolly, Elias Anton ne savait absolument pas nager le papillon au départ, il avait peur de se noyer après vingt mètres de nage.

En attendant une possible diffusion française, Barracuda, a été acheté par la BBC 3.

Mise à jour : Dimanche, le prix de la meilleure interprétation masculine du FIPA 2017 a été attribué à Elias Anton pour son rôle dans Barracuda.

 

H. C et S. A