Bologne et les petites pépites

Qui ne va pas au festival Il Cinema Ritrovato de Bologne pour découvrir des petites perles inconnues ou oubliées ? Cette année, le cru était plutôt bon.

Rien que la programmation de la section Il Cinema Ritrovato Kids ne laissait aucun doute sur le choix minutieux des courts-métrages destinés à faire découvrir l’histoire du cinéma et des contes aux jeunes enfants.
Le dimanche 26 juin avait justement lieu une projection à la Sala Cervi de huit petits films français, britanniques et italiens. La séance a commencé avec du retard, mais une jeune présentatrice a su animer la salle en créant de l’interaction avec les enfants. Le premier, Le Théâtre électrique de Bob (Segundo de Chomon, 1909) était muet simvastatin generic name. On avait comme l’impression que c’était le premier film français (oui oui !) de marionnettes. Il était aussi joué par des enfants, ce qui devait captiver le jeune public italien. Je passe sur Le Lion et le Moucheron de Ladislas Starewitch (1932), lui aussi français, pour décrire directement les films suivants, ceux de Lotte Rainiger, réalisatrice allemande qui a réalisé des films d’animation en Grande-Bretagne. Les oeuvres en question, The Three Wishes, The Frog Prince et The Magig Horse, tous de 1954, se déroulaient dans des palais et racontaient des jolies histoires de princes et de princesses dans un univers où un crapaud amoureux d’une princesse se transforme comme par magie en un beau jeune homme. Je ne pourrais me souvenir en détail des différentes intrigues car ces films nous permettaient de nous laisser aller à la rêverie en admirant simplement la beauté des images. Il faut dire aussi qu’une bonimenteuse ajoutait de la poésie à cette projection en lisant en italien la traduction des répliques avec un ton qui ne laissait aucun doute sur son talent de comédienne, voire même de conteuse.

La projection a ensuite rendu hommage à l’histoire de la télévision italienne. En France, nous avions l’ORTF avec ses émissions pour enfants comme Bonne nuit les petits, L’Ile aux enfants…Les italiens, entre 1957 et 1976, pouvaient regarder Carosello, petite émission de dix minutes qui diffusait des spots publicitaires sous la forme de saynètes comiques et dans lesquels le produit n’est évoqué qu’à la fin. On sent qu’alors que ce programme n’est plus diffusé depuis quarante ans, il reste culte y compris chez les jeunes générations. La séance s’est terminée par deux courts-métrages récents réalisés par des écoliers italiens dans le style du cinéma muet.

Le 28 juin était projeté Seven Chances de Buster Keaton (1925). Evidemment, la salle, pas si grande, était bondée. Grâce à ça, je me suis retrouvée par hasard devant un autre film, Si Muero Antes de Despertar de Carlos Hugo Christensen, petit film argentin de 1952. C’est un petit peu le film précurseur des 400 coups de François Truffaut, mais l’intrigue est un petit peu différente. Un jeune élève, Luis Santana pas très brillant, devient ami avec une camarade qui se laisse séduire par un mystérieux monsieur qui lui donne des sucettes. La petite fille est enlevée et tuée. Le jeune garçon est rongé par la culpabilité, lorsqu’une deuxième camarade, qui est aussi son amie, disparaît elle aussi. Luis va alors se dépasser pour la retrouver alors qu’elle est sur le point d’être tuée par le monsieur aux sucettes. Ses parents, en particulier son père, policier qui enquête sur ces événements étranges, va alors être extrêmement fier de son fils. François Truffaut a écrit une histoire différente, certes, mais on a l’impression qu’il s’est inspiré du naturalisme qui se dégage de cette petite perle, aussi bien en ce qui concerne les décors, le thème de l’éducation ou l’importance accordée aux enfants. Et il est toujours charmant d’admirer le grain de la pellicule.