CALLBOYS

Mercredi, 14h45, théâtre du Casino, entre un reportage d’investigation sur la dette étudiante (Etudiants, l’avenir à crédit) et un autre sur une rescapée de l’attaque contre Charlie Hebdo (Rien n’est pardonné) était programmé Callboys. Cette série belge de 7 épisodes de 50 minutes créée par Jan Eelen et Youri Boone est peut être la surprise de ce début de festival mais c’est surtout un étonnant choix de programmation de la part du FIPA.

En effet Callboys raconte l’histoire de quatre gigolos avec plus de testostérones que de neurones qui se lancent dans une affaire de vente de godes personnalisés. Avec un tel pitch le public pouvait s’attendre à quelque chose de trash, vulgaire, à l’humour bas de gamme. Quel ne fut pas la (bonne) surprise de la salle face a cette série originale, toute aussi hilarante qu’intelligente. Avec un scénario bien ficelé (du postulat initiale des premières minutes de chaque épisode, le public n’est jamais en mesure de déterminer jusqu’où les auteurs vont l’amener à la fin) et portée par 4 acteurs drôle et attachants à la fois, cette série séduit dès les premières images. La scène d’ouverture donne déjà le ton et instaure le rythme comique effréné qui caractérise la série.

Bien qu’une personne ait quitté la salle avec son enfant (Callboys n’étant pas à mettre entre toutes les mains) en pleine séance pendant une scène relativement osée mais désopilante, le public largement été conquis par l’univers à la fois loufoque (indéniablement belge) et esthétiquement très travaillé (comme l’enfant visuel du couple années 70 – années 90. Enfin bref, vous l’avez compris, on ne peut que vous conseiller cette série.

Il est alors nécessaire de saluer le choix culotté de l’équipe de programmation du FIPA. Là où les documentaires sociaux et les séries dramatiques tendent à dominer les séances, Callboys s’apparente à une bouffée d’air frais. C’est un OVNI qui permet de mettre en avant la jeune création belge encore trop méconnue en France.Placer Callboys entre deux reportages d’investigation semble alors un choix judicieux: par contraste et par opposition avec ces deux films, la série sera nécessairement mise en avant.

Pari gagné! Callboys a fait salle comble. Cette série met donc en lumière l’atout principal du FIPA: sa diversité générique et thématique. Osant proposer des programmes populaires et plus pointus, le festival brille par ses surprises dans sa programmation et ses prises de risques.