Archives de catégorie : Divers

Forum des métiers du master patrimoines 2020

Le lundi 13 janvier dernier, les étudiant.e.s de deuxième année du Master Patrimoines Audiovisuels ont organisé un forum des métiers. Une fois encore, il s’agissait pour les étudiants du Master Patrimoine d’INAsup de découvrir les secteurs dans lesquels ils et elles seront peut-être amenés à travailler à l’issue de leur formation en leur donnant l’occasion d’échanger avec des personnes concernées. C’était aussi une opportunité pour les invité.es de découvrir la formation et les locaux de l’INA.

Ce sont sept professionnel.le.s qui ont bravé les grèves pour venir rencontrer les étudiant.e.s. 

Réparti.e.s sur 4 tables thématiques, iels pouvaient discuter pendant environ 30 minutes avec six étudiant.e.s avant d’en rencontrer 6 autres, et ainsi de suite. Les échanges ont été animés et très enrichissants pour tout.e.s les participant.e.s. 

Sylvie Fégar, responsable pédagogique du master Patrimoines inaugure le forum des métiers

La première table portait autour du thème de la conservation des jeux vidéos, un sujet cher au cœur de plusieurs étudiant.e.s peu abordé dans notre formation. Laurent Duplouy, du département audiovisuel de la BnF, est venu partager avec enthousiasme sa carrière et toute son expérience sur la question très actuelle et complexe de la préservation du patrimoine vidéoludique.

La deuxième table regroupait Agnès Levillain, muséographe indépendante et Corinne Planchais, réalisatrice et fondatrice de Drôle de Trame, que notre chère camarade Cécile avait eu l’occasion d’assister pendant plus d’un an. Elles ont pu échanger avec nous sur les problématiques de l’audiovisuel et de sa scénographie dans les musées et les expositions.

Table n°2 : Agnès Levillain (muséographe indépendante) et Corinne Planchais (Drôle de Trame)

Le secteur du patrimoine et de sa restauration n’était bien évidemment pas laissé de côté. En effet, à la troisième table, Benjamin Alimi d’Hiventy et Serge Doubine, fondateur de SD Cineserve, ont pu nous éclairer sur les questions de la restauration et de ses aspects techniques et matériels. L’événement a même été l’occasion pour les deux hommes d’échanger leurs cartes de professionnels…

Table n°3 : Benjamin Alimi (Hiventy) et Serge Doubine (SD Cineserve)

Enfin, la quatrième table abordait les médiathèques d’entreprises avec un duo intergénérationnel incarné par Vincent Delomenie de la médiathèque de la SNCF et Loreleï Castillo, ancienne diplômée d’INAsup et responsable de l’inventaire chez LTC Patrimoine.

À la fin des tables rondes, des conversations plus informelles se sont poursuivies près d’une heure autour d’un café et de mignardises.

Réforme de l’audiovisuel : des points de vue divergents.

La conférence proposée par le FIPADOC ce vendredi matin réunissait des invités de marque : Delphine Ernotte-Cunci, présidente de France Télévisions ; Laurent Vallet, président de l’INA ; Emmanuel Priou, producteur (Bonne Pioche) et président du SPI (Syndicat des Producteurs Indépendants) ; David Assouline, sénateur PS ; et le documentariste Rémi Lainé, administrateur à la SCAM. 

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L’Affaire Caravage

Sélection Officielle FIPADOC 2020 – En compétition – Documentaire national

Une coproduction Arte France avec la participation de France 3 Ile de France
Avec le soutien du programme Europe Creative – MEDIA de l’Union européenne, du CNC, de la PROCIREP-ANGOA, de la Région Ile-de-France
Arte distribution

En avril 2014, une œuvre magistrale est découverte dans le grenier d’une maison toulousaine. Elle serait de la main du Caravage et perdue depuis 400 ans. Cette nouvelle va conduire Frédéric Biamonti, le réalisateur, entre Paris, Toulouse, Londres, Rome, Naples, Malte et New York. Nous pénétrons dans les coulisses du monde énigmatique de la peinture ancienne, au milieu des experts, marchands et restaurateurs, et rien ne se passe comme prévu. Attribution, estimation, destination finale, les péripéties de cette « Judith et Holopherne » ressemblent à la vie tumultueuse de son créateur, Michelangelo Merisi dit le Caravage.

Le sujet peut sembler un peu austère au premier abord mais il est traité comme une enquête, dont on suit l’évolution, étape par étape, avec son lot de suspense, de découvertes et de retournements. Cette écriture ingénieuse nous tient en haleine jusqu’à la fin du film.

C’est le fruit d’un très long travail (5 ans) de la part du réalisateur qui a pu rencontrer des experts au quatre coins du monde. Le sujet est donc très bien documenté. Il nous permet de comprendre ce qui fait la singularité de l’oeuvre de cet immense peintre qu’est le Caravage et aussi d’appréhender le fonctionnement du marché international de l’art.

Cette peinture exceptionnelle suscite d’emblée la curiosité d’un comissaire priseur à Toulouse qui avertit alors ses contacts à Paris, parmi lesquels Eric Turquin, un des plus grands experts en peinture ancienne. Celui ci acquiert très vite la conviction que c’est un tableau du maître italien. La peinture coche en effet un certain nombre de cases. C’est une scène biblique : Judith décapitant le général assyrien Holopherne devant la servante Abra. La violence qui se dégage de la toile est caractéristique des tableaux du Caravage. Le naturalisme radical aussi, en passant par une utilisation innovante du clair-obscur, interpelle le spectateur.

Le tableau est estimé dans un premier temps à 120 millions d’euros. Une somme astronomique, peu courante pour le marché de la peinture ancienne. Cepandant la parenté de l’oeuvre est contestée par d’autres experts qui attribuent la toile à un artiste qui réalisait des copies du Caravage. Commence alors un combat pour Eric Turquin qui joue à la fois le rôle d’expert et de vendeur dans cette histoire. Une position ambigüe qui soulève des questions sur la crédibilité des professionnels du marché de l’art. Turquin doit réussir à convaincre qu’il s’agit bien d’un tableau authentique pour qu’il se vende au prix escompté. Les enchères sont risquées dans ce contexte…

Le réalisateur met donc en évidence les stratégies commerciales qui sont déployées pour suciter la convoitise. Il part à la rencontre de ceux qui font autorité dans ce petit monde et nous dévoile les rouages du marché de l’art. On découvre notamment une entreprise qui rassemble une grande quantité de données afin d’informer les acheteurs dans le monde entier. Dans cette affaire, il est aussi question de souveraineté nationale puisque le gouvernement français a d’abord voulu la conserver sur le territoire, au Louvre éventuellement, mais cette position s’est ensuite révélée intenable. Les estimations se fondent sur les indices d’un marché global qui ne connaît pas de frontières. Lorsque les prix atteignent un tel niveau (120 millions cela représente 15 ans du budget d’acquisition du Louvre) les musées ne peuvent plus suivre.

Un documentaire très dense donc, écrit comme une aventure avec de multiples rebondissements, qui nous révèle l’importance et la complexité des enjeux dont il faut tenir compte lorsqu’on aborde ce sujet.

Les promesses de la Jeune Création

Courts-métrages jeune création – vendredi 24 à 9H30

Les films projetés lors de la séance font partie de la compétition Jeune Création, qui réunit des documentaires courts réalisés par des élèves d’écoles de cinéma.

A travers la voix d’un présentateur radio de nuit, 25th Hour de Juho Reinikainein suit le temps d’une nuit différents travailleurs à travers leur routine et leur solitude. Mother’s de Hippolyte Leibovici nous emmène dans les coulisses d’un cabaret observer la préparation de quatre drag queens avant leur spectacle. Dans Intérieur-Extérieur de Alice Boccara Lefèvre et Charlotte Ballet-Baz, Catherine nous dévoile quelques-unes de ses correspondances avec des détenus de longue durée. Enfin, For Eunice de Jaan Stevens nous présente le quotidien d’une enfant ghanéenne dans une banlieue de Belgique.

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Vie et destin du livre noir : Une autre histoire de la seconde guerre mondiale

C’est l’histoire d’un livre maudit, de son destin et de celui de ses auteurs. Des mois de recherche, des milliers de corps exhumés et autant de témoignages d’atrocités commises par les nazis dans les territoires occupés d’URSS. Autant de preuves qu’il fallait réunir pour faire condamner les criminels de guerre. Tel était l’objectif du Livre noir dont la rédaction fut confiée à un groupe d’auteurs mené par Ilya Ehrenbourg, écrivain, journaliste et reporter de guerre et Vassili Grossman, ingénieur chimiste qui deviendra à son tour reporter de guerre puis écrivain.

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1973, une ambassade face à la tourmente

Le 11 Septembre 1973, Salvator Allende meurt dans son palais présidentiel de la Moneda à Santiago. Le général Pinochet prend autoritairement le pouvoir et incarcère les opposants jusque dans les stades qui deviennent de véritables camps de torture à ciel ouvert. Dès les jours suivants, des réfugiés affluent à l’ambassade française, espérant y bénéficier d’une protection politique. Face au manque de réactivité du Ministère des Affaires étrangères, les diplomates prennent l’initiative de leur ouvrir la porte, tandis que Pierre de Menthon, l’ambassadeur français de l’époque,  en accueille également dans sa demeure. Ces engagements permettront de sauver plus de six cents militants recherchés par la nouvelle junte militaire.

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La cravate

La cravate – Etienne Chaillou & Mathias Théry

La cravate est un documentaire co-réalisé par Etienne Chaillou et Mathias Théry, précédemment auteurs et réalisateurs de La sociologue et l’ourson. Le duo se retrouve dans ce nouveau film autour de la question de l’engagement politique à l’extrême droite d’un jeune homme nommé Bastien Régnier. La politique du parti de Marine Le Pen n’est cependant pas le coeur du film, on se concentre davantage sur les ambitions et la passion d’un jeune qui veut se créer une place dans un milieu puissant. On est alors plongé dans une fable sur l’utilisation de cette jeunesse pleine d’énergie par le parti politique. 

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Abbas by abbas : L’HOMME QUI PHOTOGRAPHIAIT l’HISTOIRE

Dans Abbas by Abbas, Kamy Pakdel retrace la vie du reporter photo Abbas Attar au travers des grandes thématiques (la violence, le chaos, la spiritualité) qui ont façonné 55 ans de photographies prises aux quatre coins du globe. Révolution iranienne, Apartheid, Guerre du Vietnam, le reporter franco-iranien a capturé tous les conflits majeurs de ces dernières années. « Comment tu as fait pour avoir autant de courage ? » lui demande le réalisateur. « Quand on travaille, on ne réfléchit pas », répond humblement celui qui a été témoin des pires horreurs commises par l’Humanité. Abbas abordait plutôt son travail de photographe comme un philosophe, avec toujours une idée en tête : celle de suspendre le temps. 

Un premier film aussi touchant que prometteur pour la suite de Kamy Pakdel, qui souhaitait réaliser ce documentaire il y a vingt ans déjà. « Trop tôt » selon Abbas, qui a préféré attendre les derniers instants de sa vie avant d’accepter de témoigner devant la caméra du réalisateur. Un témoignage d’autant plus précieux qu’il s’éteindra une semaine après la fin du tournage. Le réalisateur est d’ailleurs revenu, non sans émotion, sur la difficulté pour son équipe et lui de tourner dans une forme d’urgence, Abbas refusant de révéler, hormis le fait qu’il fallait être rapide, combien de temps exactement il lui restait. « Si tu veux vraiment qu’on fasse ce film, il faut le faire maintenant », lui a-t-il simplement dit. 

Abbas Attar
Abbas Attar, Magnum Photos

Là où Abbas by Abbas aurait pu tomber dans les codes classiques du portrait documentaire, le film tire sa force et son originalité dans le fait qu’il nous montre l’envers du décor de sa réalisation. Il ne s’agit pas d’un portrait lisse et distant d’un grand homme, mais tend au contraire à s’approcher des codes du cinéma direct, en nous montrant notamment à plusieurs reprises l’équipe de tournage et le réalisateur. On y voit le protagoniste choisir au moment même où il est filmé les thématiques dont il va parler et les clichés qu’il va choisir de montrer, quand il ne blague pas avec un membre de l’équipe. Mais le plus étonnement reste sans doute de voir l’implication d’Abbas, qui n’est pas simplement le sujet du film, mais bel et bien celui-ci qui décide, au même titre que le réalisateur, ce qui doit être dévoilé, raconté, montré, quand il faut tourner et quand il est préférable de couper.

N’oublions pas de mentionner la musique composée par Julien Thiault, qui, contrairement à ce à quoi nous a habitués le documentaire français, est loin d’être reléguée au second plan. Tantôt lourde et mélancolique, tantôt vibrante et tonnante, elle évolue au fil des clichés qui nous sont montrés à l’écran et des récits de voyage du photographe, et se fait de plus en plus pressante au fur et à mesure que son état de santé se dégrade. Le compositeur n’a d’ailleurs pas travaillé directement sur le film, mais à partir des photographies que l’on peut voir dans celui-ci et de ce qu’elles lui inspirent. 

Premier film donc, porté par Bellota Films et coproduit par LCP Assemblée Nationale, qui ont tous deux fait le pari de miser sur ce jeune réalisateur. Si ce documentaire s’éloigne quelque peu de la ligne éditoriale du diffuseur, qui nous a habitué à des sujets politiques plus qu’à des portraits, celui-ci justifie ce « pas de côté » par le véritable coup de cœur survenu suite au visionnement du film. 

Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance d’assister à la projection du FipaDoc, le documentaire de 54 minutes sera à découvrir sur LCP le mardi 18 février à 20h30.

Jeanne Saint-Réquier & Léopoldine Fournier-Camus

PLein soleil sur NETFLIX

            Aujourd’hui nous avons eu la chance d’assister à la conférence de Diego Buñuel, directeur Europe des documentaires originaux Netflix. Les places étaient chères. Il fallait se lever de bonne heure pour assister à cet oral. La plateforme et son représentant étaient les stars du Sunny Side. En même temps comment résister l’appel du géant américain ? Des dollars pleins les yeux l’assemblée de producteurs s’engouffre dans la salle de l’Agora. L’ouragan Netflix, incarné par l’ancien directeur des documentaires de Canal+, est venu présenter au monde du cinéma du réel ses exigences et ses ambitions.

La plateforme a commencé par nous présenter des chiffres colossaux. Elle est présente dans 190 pays pour 155 millions d’abonnés qui consomment 115 milliards d’heures de contenus par an. La capacité de diffusion de Netflix est incontestable.

Elle a ensuite poursuivi en nous parlant de son algorithme et de ses stratégies pour provoquer la consommation de ses contenues. La technologie mise en place par Netflix est impressionnante. Pour illustrer notre propos voici un exemple : pour représenter chaque contenu disponible sur la plateforme il existe une vingtaine d’images. Si le premier jour l’image choisie par l’algorithme ne vous plaît pas au point de cliquer sur le film, alors le lendemain cette image sera différente pour tenter de vous plaire davantage. Les goûts de tous les membres sont analysés afin de proposer à chacun une plateforme à l’apparence personnalisée. Tous les moyens sont bons pour plaire à ses abonnés.   

Diego Buñuel a aussi présenté les attentes de la plateforme en termes de contenu pour les documentaires. Il a insisté sur l’importance de l’histoire des films et des personnages. Tout doit être réel, haletant, comme un film ou une série dramatique. Divertir, intriguer ou encore faire rire, les formes que peuvent prendre les documentaires sont multiples. Pourtant leur objectif reste constamment le même : fasciner le spectateur grâce à une histoire réelle qui dépasse la fiction.

Tous ces sujets sont « Glocaux » : ils partent du local tout en gardant un potentiel international. Par exemple on peut parler de la France et du foot grâce au joueur Anelka car ce dernier est connu en Espagne, Angleterre, Italie et Allemagne, quatre territoires clés en Europe pour la plateforme. Finalement le local ne fonctionne chez Netflix que s’il se tourne vers l’extérieur.

Pour conclure cette intervention de Diego Buñuel fut très enrichissante pour comprendre comment Netflix se place face au monde du documentaire et comment répondre à ses attentes.

Bologne, dimanche 23 juin 2019

Musidora, la dixième muse….

Ce dimanche était placé en partie sous le signe de Musidora. Plusieurs d’entre nous ont commencé la journée par un documentaire lui étant consacré. Nous avons été fasciné.e.s par cette femme à la fois actrice, auteure, peintre et réalisatrice. Après un détour chez René Clair et une version inédite de Paris qui dort tiré d’une copie positive anglaise. Nos avons pu voir Musidora dans une série de films dont l’épisode III des Vampires, où elle joue Irma Vep, connue pour sa combinaison noire. Le film était accompagné par John Sweeney au piano et Franck Bockius à la batterie. Nous avons été touché.e.s par la présence de cette dixième muse. Pour finir en beauté cette journée musidoresque, Ombre et Soleil réalisé par la fabuleuse. Comme par magie le film apparaissait sur l’écran grâce au charbon, OUI, au charbon! Un projecteur avec un tout autre système que la courante lampe xénon, elle même déjà presque desuète. Une relique projetant une relique quel bonheur! Le plafond était étoilé, la fumée du projecteur s’élevait dans le ciel. Et nous sentions la brise tout comme nos camarades parti.e.s voir Easy Rider sur une place Maggiore pleine à craquer !

Quelle journée !