Archives de catégorie : Documentaires

Les enfants du 209 rue Saint-Maur : mémoires de l’Autrefois

Les Enfants du 209, rue Saint-Maur, Paris Xe
Film documentaire en compétition dans la catégorie Documentaire National.


Réalisé par Ruth Zylberman
Une coproduction Zadig Productions et Arte France.

Dans son dernier long-métrage documentaire, Ruth Zylberman retrace l’histoire d’un personnage quelque peu atypique : l’immeuble du 209 rue Saint-Maur.

C’est en filmant ce lieu que la réalisatrice a mis en lumière l’histoire des enfants ainsi que de leur famille y ayant habité avant la rafle du 16 juillet 1942.

Ces enfants, ce sont Thérèse Dinanceau, une femme de plus de 80 ans ayant vécu avec ses parents et son frère au 3ème étage.
C’est également Albert Baum, la seule personne dans sa famille à avoir échappé à Auswitch.
Il dira n’être jamais revenu des camps. Le trauma d’une vie.

Il y a aussi Miquette, la nièce de la concierge Mme Massacré.
Odette Diamant est, elle, partie vivre en Israël après cette tragique période, elle avait 6 ans lors de la rafle et se souvient de tout.
Odette n’est d’ailleurs pas la seule à être partie pour oublier, Berthe Rolinder aussi s’est exilée, non pas en Israël, mais à Melbourne en Australie.

Henri lui n’avait que quelques mois lorsque ses parents ont été déportés, ayant juste eu le temps de le cacher chez la concierge avant d’être séparés. Il a maintenant la nationalité américaine et vit près de New York.



Tant d’histoires que la réalisatrice a pu capter et su nous raconter.

Cela n’aurait jamais pu arriver sans un travail considérable de recherches et d’enquête afin de retrouver toutes ces personnes. C’est d’ailleurs avant tout grâce à elles que l’enquête sur ce lieu qu’est le 209 rue Saint-Maur a pu continuer, offrant à notre enquêtrice les informations introuvables dans les registres d’Etat Civil, des souvenirs, anecdotes et autres vestiges du passé.

La tâche n’est pas facile ; en faisant tout cela Ruth Zylberman réveille ce passé parfois trop douloureux et toutes les vieilles blessures allant avec. Comme le mentionne la réalisatrice, la question du don et de l’échange entre les filmés et la filmeuse est ici très problématique, puisque l’on vient déranger des habitudes, un quotidien, en somme un équilibre qui fonctionne bien.



Néanmoins tous les protagonistes présents dans l’histoire ont accepté de venir témoigner. Bien sûr le souvenir de ce 16 juillet 1942 est encore traumatisant pour beaucoup d’entre eux, mais c’est également des moments de joie et de bonheur qui réapparaissent.
Tous
se rappellent de leurs voisins de l’époque, de cet esprit, de cette proximité qui régnait entre les appartements et leurs occupants.

Les familles, souvent composées d’exilés juifs polonais ou allemands, s’entassaient à 5, 6, 7 ou 8 dans des appartements chambres.

Le gaz était à peine installé et les toilettes étaient sur le pallier.
Des conditions de vie parfois très primaires, mais dans les yeux de ces enfants la vie était encore belle.

C’est ce lien entre voisins, cette proximité qui existait par le passé et s’est aujourd’hui érodé, que Ruth Zylberman a voulu retrouver. 





C’est donc un travail de mémoire qui nous est ici offert. La mémoire de la Shoah. 
Le sujet a déjà été traité plusieurs fois, mais l’auteure explore ici le quotidien de ces personnes, humanisant encore plus le sujet. Plus que d’être touchants, les témoignages sont captivants.

Plus que des témoignages, ce documentaire constitue un bouleversement dans la vie de certains des protagonistes, leur permettant de lever le voile sur des éléments de leur passé, de leur famille, de leurs origines.

Un projet que la réalisatrice a porté pendant plus de 4 ans, et qui offre une douce perspective de ce que peut être notre rapport à l’Autrefois. 



 

Clémence Decrop
Lucas Depraeter &
Salomé Fleischmann

En équilibre

Victor et Kati enchainent les représentations de cirque en Europe avec leur compagnie Aïtal. Victor est porteur, Kati voltigeuse, ils forment un couple dans leur spectacle comme dans la vie. L’arrivée d’un bébé et les conséquences qui en découleront va bouleverser leur quotidien et leur travail artistique.

Les 52 minutes d’ « En équilibre » dévoilent des intentions poétiques et esthétiques évidentes. Antarès Bassis et Pascal Auffray mettent en lumière ce couple qui brille à l’écran, de par leur extravagance ou de leur talent face au public. La découverte de la grossesse de Kati sera le moteur des péripéties du film, comme l’éventuel arrêt de la tournée ou le remplacement de Kati par une autre voltigeuse.

Toute cette dramaturgie fait d’ « En Equilibre » un film particulier, humble, et qui nous plonge avec brio dans les coulisses d’un cirque itinérant. Le huis-clos favorise l’intimité de ce portrait, qui nous touche dès les premières minutes avec une danse dans la forêt finlandaise au rythme du Vent nous portera de Noir Désir. L’empathie pour Victor et Kati provient d’une proximité que les deux cinéastes ont su montrer par des moments très personnels que la caméra a pu saisir pendant trois ans.

Produit par TS Productions, le film en compétition nationale sera diffusé sur France 3 Occitanie dans le courant de l’année 2018, et nous lui souhaitons une très belle carrière en festivals.

Gaëtan L.
Charly. L

« Rançon », le prix des hommes

 

« … et le prix de l’homme fut déterminé par le prix des choses… » Saint-Just

 

Rançon, film documentaire dans la catégorie Prix du Public –  2017 – 94 minutes

Une coproduction ARTE et Little Big Story
Réalisateur : Rémi Lainé
Co-auteur : Dorothée Moisan
Productrice : Valérie Montmartin

Avec son film « Rançon » Rémi Lainé nous invite au coeur du système ultra secret et très juteux des compagnies d’assurance internationales, des négociateurs et des gangs en racontant les enlèvements d’anciens otages.

Avec les 30 000 enlèvements dans le monde chaque année, le business du kidnapping est un secteur économique très rentable pour ceux qui ont su en faire leur spécialité. Permis ce chiffre renversant, moins d’1% sont des enlèvements politiques ou terroristes. Seulement, quel qu’il soit, derrière chaque kidnapping existe une demande de rançon. Le documentaire « Rançon » nous mène de Londres à Paris, en passant par Abidjan, New-York, Copenhague, Kaunas ou encore dans tout le Venezuela, pays le plus dangereux au monde pour les enlèvements.

« Rançon » illustre son propos à travers deux affaires, celles de deux hommes : Kenny Cisneros et Jeppe Nybroe. Kenny Cisneros vit au Venezuela, là où se passe le plus d’enlèvements au monde. Sa famille, visée plusieurs fois par des kidnapping, décide de faire appel à l’avocat et ancien chef de la police judiciaire locale Miguel Dao pour libérer Kenny. Rémi Lainé nous fait alors suivre les principales étapes de l’enquête jusqu’à la libération, 39 jours plus tard. Jeppe Nybroe est un journaliste danois enlevé entre Aarsal et Yabroud, à la frontière libano-syrienne, en février 2014. Il restera captif pendant 1 mois et sera libéré grâce aux services d’un négociateur privé, mandaté par une compagnie d’assurance.

Comme nous l’explique très bien les différents négociateurs qui interviennent dans ce film, leur but est simple et clair : que l’otage soit libéré sans violence, le plus rapidement possible. Pour cela, une somme sera engagée – plus ou moins importante selon le client – qui doit rester absolument secrète, ces professionnels sont tenus à la confidentialité. Les Etats du monde interdisent aux citoyens de se prémunir du type d’assurance « kidnap & ransom », pour lutter contre la multiplication de ces crimes. Les assurés doivent donc souscrire leur contrat dans d’autres pays et rester les plus secrets possibles. Par leur produit d’assurance haut de gamme, les compagnies s’engagent dans le remboursement du montant des rançons, entre autres prestations possibles.

Autrefois réservées aux patrons des grandes entreprises mondiales, ces assurances ultra confidentielles connaissent depuis quelques années un essor incroyable, et s’ouvrent de plus en plus aux particuliers, aux journalistes, aux sportifs, aux personnalités connues, aux ONG, etc. Engagé dans un marché plus que lucratif, le commerce des otages profite donc autant aux gangs qu’aux assureurs.

Grâce à son film, Rémi Lainé montre bien que le business des enlèvements au Vénézuela est devenu systématique et ce, sans aucune distinction de classe sociale. « Vite fait, mal fait » disait le sociologue Roberto Briceno Leon, comme dans la plupart des régions du monde, l’enlèvement a évolué. Les gens les plus riches se sont barricadés et ont augmenté leur niveau de protection, aujourd’hui les ravisseurs ne cherchent plus une affaire qui leur rapportent beaucoup d’argent mais une multitude de petites affaires moins ambitieuses mais sur lesquelles ils sont sûrs de gagner quelque chose sans mal.

Les enlèvements ont donc un effet pervers sur la société vénézuélienne, ils creusent les inégalités sociales. Alors que l’homme riche pourra toujours régler sa rançon, l’homme pauvre doit donner tout ce qu’il possède pour payer sa libération et il ne peut plus vivre ensuite. La police, corrompue et impayée par l’Etat, ne protège plus la population et va parfois jusqu’à enlever des civils pour gagner un peu d’argent. Ce problème dépasse donc la simple criminalité, il est devenu un véritable business démocratisé.

L’idée de ce film fut pitché ici, au FIPA, il y a trois ans. Ceci montre bien les opportunités qu’offre le festival d’année en année. Intéressés par cette incroyable histoire, les diffuseurs étaient néanmoins sceptiques quant à la faisabilité du film. Par ailleurs, la BBC avait déjà essayé de traiter ce sujet sans jamais y parvenir. Valérie Montmartin et Rémi Lainé décident alors de se lancer dans l’aventure, malgré la perplexité des financiers.

Rémi a donc longuement travaillé avec sa co-auteur Dorothée Moisan, elle-même auteur du livre « Rançons, enquête sur le business des otages » publié en 2013. Ensemble, ils ont cherché un moyen de faire parler tous ces protagonistes, pourtant tenus au secret professionnel, et ainsi raconter le commerce très lucratif qui existe aujourd’hui dans certaines régions du monde.

Après avoir rencontré 3 négociateurs différents, Rémi trouva Miguel, l’avocat de Caracas qui accepta de le laisser suivre son enquête sur Kenny Cisneros, et le film était lancé.

Bien plus conséquent qu’un budget de film documentaire habituel, « Rançon » naitra de la volonté d’Arte, de la société Little Big Story et de tous les financiers, d’accompagner une histoire intense et différente. Ce film nous propose une plongée dans un monde secret où le cynisme butte sur la morale, où, au prétexte de la sauver, on évalue froidement le prix de la vie d’un homme.

 

Salomé Fleischmann

39-45 : la guerre des enfants

Roger, Francine, Massin, Simone, Jean Louis, Tomi, Jean, Robert, Raymonde, Pierre et Loïc : 11 enfants de la guerre, 11 destins, 11 tragédies.

Dans ce documentaire, Julien Johan et Michel Durren abordent la seconde guerre mondiale d’une manière inédite, humaine et personnelle. A travers leurs journaux intimes et leurs témoignages, les 11 rescapés nous racontent ce qu’ils ont vécu. C’est émouvant, tragique, et dans la salle nous entendons les pleurs étouffés des spectateurs replongés dans l’horreur de 39-45.

Les images d’archives colorisées et illustrations animées mettent en images les témoignages de ces, désormais, vieux enfants de la guerre. Les réalisateurs mettent des images sur des maux : tout dans ce film permet de donner sens à l’expérience traumatisante par laquelle ils sont passés. Le réalisme rendu possible par la colorisation des archives, associé à l’imaginaire enfantin des dessins ne peuvent provoquer l’empathie du spectateur.

Évidemment nous pourrions reprocher au film de tomber dans le sentimentalisme. Mais les récits sont à la fois pudiques et dignes. La simplicité parfois naïve du texte et du ton de la voix off, induite par ces journaux intimes et ces correspondances d’enfants, permettent au spectateur de découvrir cette époque sous un angle direct, lucide et sincère.

Aujourd’hui, chacun à leur manière contribue au travail de mémoire. Francine et Robert vont dans les écoles témoigner de leur histoire, Loïc s’est engagé en politique et a participé à la construction de l’Union Européenne, Tomi est devenu dessinateur satiriste et continue, comme durant son enfance, à moquer le fascisme ambiant.

Nous sentons que la vie de ces personnes a été ravagée par ce qu’ils ont vécu dans leur enfance et c’est avec une certaine amertume que les obstacles qu’ont dû traverser ces enfants résonnent encore aujourd’hui.

 

Korotoumou Dabo, Romain Peter, Morgane Praud

 

 

Over The Limits ou l’exigence du haut-niveau.

                 Dans le cadre du Festival International des Programmes Audiovisuels, le FIPA, il était présenté le deuxième film de la sélection documentaire internationale Over The Limit. Ce film retrace la préparation de la gymnaste rythmique Russe Margarita Mamun pour les Jeux Olympiques 2016 de Rio.

              C’est une plongée dans un monde de strass et paillettes que nous propose la réalisatrice Marta Prus. Dans le monde de la gymnastique rythmique, derrière la compétition et la beauté des routines se cachent une réalité terrible. Le sport de haut-niveau ne pardonne aucune erreur, surtout dans l’équipe olympique Russe.

           C’est en suivant la préparation pour les Jeux Olympiques de Margarita Mamun dit « Rita » que l’on découvre l’exigence du haut-niveau. Aucun écart, aucune erreur n’est pardonné même si l’on se trouve au sommet des classements mondiaux. Deux coachs avec des caractères et des méthodes d’entraînements différentes tournent autour du personnage principal. Amina Zaripova, que l’on devine exigeante mais compréhensible cherchant la complicité avec l’athlète et Irina Viner, froide et implacable, à la recherche de la moindre perfection et sans-merci. Deux antagonistes, une méchante et une gentille conseillant Rita vers le même objectif : une médaille Olympique. Le Graal de tous les athlètes. Mais à quel prix ?

         Car même si la méthode d’entraînement basée sur la pression mentale, le travail acharné, la répétition jusqu’à tomber de fatigue mène au succès, le film met en avant la dureté de l’entraînement « A la russe » pesant sur cette jeune fille de 20 ans. Rita vivant ses émois amoureux à distance avec un gymnaste russe, confronté au cancer de son père et essayant de garder le contact avec sa mère, est happé par la compétition, les déplacements pour les championnats internationaux et l’entraînement sans relâche vers la perfection. Au point de n’être qu’une poupée qui « n’est plus humaine [mais] une athlète » victime des blessures car « une sportive en bonne santé n’existe pas » et des souffrances acceptées comme un aléa de son destin olympique. Un prix fort pour monter sur un podium dépassant le simple plaisir du sport.

          “ Parce que je suis un être humain…” tenta de défendre Margharita Mamoun faisant face verbalement à son entraîneuse. Cette phrase arrive au moment précis où le spectateur commence à croire qu’il ne s’agit que d’un pantin que l’on manipule pour ramener une énième médaille d’or à la nation russe.

         Cette jeune fille de 20 ans vit passionnellement son sport. Mais à un moment, elle perd la flamme qui l’anime pour continuer à danser avec ses cerceaux, son ruban, son ballon et sa massue. Ce jeux enfantin perd de son charme par l’exigence trop forte des entraîneuses soumis à la pression du résultat. C’est à travers Rita que Amina Zaripova et Irina Viner poursuivent leurs soifs de succès et de gloire sportive au détriment de la joie de l’athlète.

           Dès le début du film, les personnages du film sont posés. A l’entraînement Irina Viner, cheveux noir, ton ferme, vocabulaire vulgaire apparaît comme une méchante sorcière. Elle maltraite, insulte ses athlètes pour les pousser à dépasser leurs limites. Quelque chose de commun dans le sport Russe n’acceptant que les médailles d’or, avec des méthodes d’entraînements poussés à l’extrême mais que le regard extérieur induit par la caméra peint une pression mentale de chaque instant. A tel point que l’on se pose la question, est-ce qu’Irina ne se réaliserait-elle pas soi-même à travers ses athlètes ou est-ce que la perfection est à ce prix là ?

            Mais le travail sur le son raconte une histoire contraire. Rita est aimée, attendue par le public. On entend les cris de joies des jeunes filles venus en nombres admirées cette athlète. Le seul moment du film où l’on voit Rita à l’aise, reposée est lorsqu’elle signe des autographes à ses admiratrices. L’image montre des plans larges où Rita n’est pas enfermé dans l’étau des ses coachs.
Paradoxalement la musique monte c
rescendo. Elle transcrit le niveau de stress que le personnage ressent lorsqu’elle se présente devant les juges. La réalisatrice arrive à nous surprendre au milieu du film par un silence total mettant le doute au spectateur sur la capacité de sa nouvelle héroïne à ne serait-ce que participer aux Jeux Olympiques.

         Accompagnant la musique, la réalisatrice fait des choix de cadrage qui sont oppressant, où le personnage n’arrive plus a bouger y compris dans ses danses. A chaque fois qu’elle quitte la scène on la voit de dos. Jamais nous ne voyons sur son visage son ressenti mais on sent sa fatigue et que le moment où elle pourra craquer va arriver.

         Ce sentiment dure jusqu’à la fin du film. Sa victoire aux jeux Olympiques nous est décrit, mais nullement montrée C’est un simple texte qui nous l’annonce. Comme s’il était arrivé une chose banal au vu de tous ses efforts consentis. Pas de sentiment de triomphe, juste celui du travail accompli. Était-elle vraiment humaine à ce moment là ?

Deux jours après, son père meurt et Rita arrête la gymnastique. La réalisatrice met l’accent, par le biais d’un texte, sur le prix à payer pour devenir une championne olympique. Être « Over the limits » dans tous les domaines.

XANTHOPOULOS Anita et GUYOT Nicolas

En route vers le FIPA 2018

Le Festival international des Programmes Audiovisuels de Biarritz, le FIPA débute le mardi 23 janvier. Comme chaque année, professionnels et simples spectateurs partageront sur grands écrans la découverte des programmes qui feront la télévision de demain.

 

Après la cérémonie d’ouverture présentée par la journaliste Estelle Martin, Biarritz vivra au rythme des programmes sélectionnés par le jury du FIPA. Du matin jusqu’au soir, de mardi jusqu’à dimanche les sept salles de projections de la ville rempliront les écrans noirs de différentes productions venus du monde entier.

 

Comme chaque année, un pays sera mis en lumière. En 2018, Israël aura les honneurs du festival. La série Fauda , où l’on suit les aventures de forces spéciales israéliennes traquant un terroriste, ouvrira le bal après la cérémonie d’ouverture. S’ensuivra dans les prochains jours des fictions, documentaires et des masters classes afin d’évoquer et de montrer aux professionnels la vitalité du secteur audiovisuel israélien.

 

Comme dans tout festival, un prix viendra couronner les perles de ces prochains jours. Cinq catégories seront proposées afin de faire un tour d’horizons complet de la création audiovisuelle. Documentaire, fiction, série, création, musique et spectacle. C’est parmi une centaine d’œuvres que le jury décernera les précieux « FIPA d’or » afin de succéder à la fiction britannique SW et la série chilienne Ramona.

 

Mais le FIPA est aussi un lieu où l’on explore les innovations en pensant à la télévision de demain. Parmi celles qui pensent révolutionner la consommation de notre petit écran : la réalité virtuelle. Un secteur en plein boom accompagnant le succès connu par le jeu vidéo. Afin de nous projeter de pleins pieds dans un autre univers, plusieurs projets seront proposés. Parmi les expériences accessibles Nomads: Sea Gypsies de Felix & Paul Studios venue du Canada. Munis d’un casque, les téléspectateurs pourront participer à une rencontre intime avec les Bajau Laut, un peuple vivant depuis des siècles sur la mer, au large des côtes de Bornéo. D’autres œuvres du genre seront proposés dans le cadre du « SmartFestival » où un « hackaton » verra s’affronter des jeunes innovateurs autour d’un projet construit en 48 heures.

 

Parmi les films à voir, l’attention sera porté sur le film de Marie Drucker et Thierry Michel « Le courage de grandir » qui clôturera le festival. Ce film met en évidence les difficultés des enfants précoces à s’intégrer. Le reste du programme montrera dans des formats longs ou courts, avec des jeunes auteurs ou des plus confirmés, en fiction et en documentaire la diversité de la production audiovisuelle.

 

Quand aux professionnels, ils pourront réfléchir au futur du métier dans des espaces qui leurs seront dédiés. Tables rondes et débats sont au programme avec en point d’orgue les pitchs où producteurs et auteurs tenteront de trouver des financements à leurs projets afin de s’exposer sur les grands écrans des prochains FIPA.

 

Xanthopoulos Anita et Guyot Nicolas

 

L’ABC du cinéma

Retour aux bases d’une séance en salle

La projection de No land’s song d’Ayat Najafi à l’ABC nous a rappelé que le cinéma pouvait être une  expérience sociale joyeuse. Ce documentaire résolument optimiste malgré la gravité de son sujet retrace le combat de la compositrice iranienne Sara Najafi. Son projet apparemment anecdotique de monter un concert public de solistes féminines devant un public mixte s’inscrit directement en opposition aux règles dictées par les autorités iraniennes.

Les censeurs inspirent certes de l’effroi : « les étrangers, on peut pas les exécuter, contrairement à vous », lance-t-on en substance à Sara, lorsqu’elle tente d’obtenir un visa pour ses chanteuses françaises et tunisienne. Mais la pugnacité du collectif enthousiasme, et la salle ne s’est pas privée de le faire entendre. Entonnant le chant célèbre d’Emel Mathlouthi, chanteuse engagée dans la Révolution tunisienne, frémissant d’excitation quand elle apparaît à l’écran, riant jaune devant l’absurde conception de la femme délivrée par les responsables religieux, le public enjoué de l’ABC fut au moins aussi rafraîchissant que l’esprit combattif de ce film, qui poursuit la lutte de Sara Najafi en lui offrant une visibilité internationale. 

Bois d’ébène : un docufiction de création en compétition aux JCC

Bois d’ébène, de Moussa Touré. Production : Les Films d’Ici. Production exécutive : Les Films du Crocodile. Diffuseur : France 2.

Dans le haut lieu du cinéma africain que sont les Journées Cinématographiques de Carthage, on aurait pu être surpris de trouver un docu-fiction produit pour la télévision parmi les films de la compétition officielle de long-métrage. Mais Bois d’ébène pourrait être qualifié de docu-fiction de création tant c’est une œuvre à part entière du cinéaste Moussa Touré, abordant ici l’Histoire de la traite négrière et de l’esclavage.

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PITCH SESSION – SUNNY SIDE (Global Issues and Digital Creation)

Voici donc deux jours que nous, étudiants de l’Ina, nous sommes arrivés à la Rochelle. Ce fut l’occasion pour nous de voir une multitude de choses, cela nous a permis de rencontrer différentes personnes mais également d’autres formations comme la Filmakademie.

 

Hier pour ma part, j’ai décidé d’aller voir comment se déroule une Pitch Session. Je suis donc allé voir les pitch « Digital Creation » et les « Global Issues ».

Dans les deux cas, j’ai pu remarquer la qualité des projets présentés, mais si je devais retenir deux projets, pour la qualité intrinsèque du projet, premièrement mais également pour la présentation réussie, dans un second temps, ce serait :

Pour la pitch session « Digital Creation »: Anokua,The Guardians Of Balance, produit par Small Bang (Pierre Cattan, et présenté hier avec une des auteurs Gaitena Valbuena. Si vous ne connaissez pas le projet, c’est à la page 40 du guide « Projects & Programmes » du Sunny Side. C’est un projet plein d’humanité où nous partirons à la rencontre d’une nouvelle culture qui est très attachée à une vision alternative du temps et de l’espace. Ce projet se déclinera sous plusieurs formats dont la réalité virtuelle, point fort cette année du Sunny Side.

Pour la seconde Pitch Session, ce sera pour moi sans aucun doute Inside my box, produit par Yuzu Productions (Christian Popp). Merci à ce projet qui a vraiment ensoleillé ma journée hier, car c’est également un projet plein d’humanité. L’histoire d’une amitié sur 12 ans où deux protagonistes (Ale & Casey) partent à la rencontre des personnes qui vivent sur les différents lieux où se sont passées les plus importants combats de la décennie. Un beau projet que je vous encourage donc également à découvrir. (Page 44 du guide).

Maintenant il est temps de continuer ce très beau marché et donc rendez-vous ce matin à la Pitch Session « Arts & Culture ».

 

Bonne journée !

 

Fabien Stephan

Feux bimédia sur le beatbox

Beatbox, boom bap autour du monde, réalisé par Pascal Tessaud – Production : Temps Noir – Diffuseur : France Ô – Durée : 52min.

Beatbox Maker, application pour iOS et Android, conçue par Florent Maurin – Production : Temps Noir et France Télévision Nouvelles Ecritures.

Dans une programmation marquée à juste titre par l’actualité la plus sombre, dont de nombreux films se sont fait l’écho, le choix de Beatbox, boom bap autour du monde comme film d’ouverture du FIPA 2016 formait un contrepoint détonant et bienvenu.

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