Archives de catégorie : FIPA

Jeune Création: 3 courts métrages polonais

The Polish National Film, Television and Theatre School of Lódz, l’une des écoles de cinéma les plus prestigieuses au monde, a présenté lors de la 30e édition du FIPA une sélection de courts métrages d’étudiants fraichement diplômés.

La sélection de ces films touche de près à la cellule familiale, à ses crispations et lots de réconfort. On est transportés dans l’intimité de familles polonaises, dans leur quotidien, crises et découvertes.

Dokument, de Podolec Marcin, est un film d’animation dressant le portrait d’un père esseulé après le départ de son fils. Le réalisateur ausculte les soubresauts de sa mémoire en mêlant des photographies à des bribes de souvenirs jaillissant de manière impromptue. L’humour et la nostalgie infusent un dessin épuré, tout en clair obscur. Ce flot de souvenirs, inspirés de l’histoire personnelle du réalisateur, nous a particulièrement touchées par sa poésie.

Vient ensuite Nauka, un film documentaire beaucoup plus léger, au sujet de l’apprentissage laborieux d’un poème par une classe de jeunes enfants. Buchwald Emi filme avec amusement et affection la gestuelle enfantine à l’école comme à la maison. Les images évoquent la série de photographies de Robert Doisneau qui se focalise sur l’esprit dissipé des jeunes élèves coincés entre les murs de la salle de classe. L’exercice d’apprentissage du poème donne lieu à une série de questions existentielles sur l’infinité de l’univers et la place de l’homme. Les intérieurs feutrés, aux couleurs pastel, sont filmés tels des cocons grâce à un fish eye qui tourne autour des personnages. Une technique surprenante et originale pour un court-métrage de documentaire. Ce mouvement rotatif évoque aussi celui de la planète, sujet principal du poème appris par les enfants. Les spectateurs étaient conquis et nous aussi.

Adaptacja est le film le plus sombre et tourmenté de la sélection. « La tragédie est, à mes yeux, le meilleur moyen de raconter une histoire », a confié le réalisateur, Kruhlik Bartosz, à la fin de la projection. Le film met en scène une famille ravagée par un événement tragique révélé au détour d’explosions de violence et de larmes. Le deuil et le sentiment d’étouffement sont au coeur de ces scènes de huis clos. Un thriller intimiste efficace qui continue de nous hanter après la projection.

Il y a dans Dokument et dans Adaptacja un tâtonnement autour de la redécouverte du lien entre parents-enfants à la suite d’un vide traumatique. Nauka célèbre la beauté du quotidien partagé entre les parents et leurs enfants et leur enrichissement mutuel. Autant de courts métrages qui présagent une carrière prometteuse pour leurs réalisateurs.

M-L. Nguyen et S. Langlois

Ta’agad- Army Clinic

De Nawel Fassouli et Sarah Calfond

       Parmis les dix séries qui figurent dans la programmation du FIPA cette année, se cache une perle israélienne « Ta’agad – Army Clinic » why not check here. La série a été créée, écrite et réalisé par un seul et même homme, à savoir Zion Rubin. Dans cette série “fleuve” au format proche du feuilleton – 40 épisodes de 30 minutes pour la première saison-, nous sommes amenés à suivre le quotidien d’une équipe médicale de Tsahal, l’armée de défense israélienne. Huit jeunes infirmiers militaires se partagent deux petits baraquements, une douche commune, et des installations précaires. Dans ces lieux restreints, les relations hommes / femmes sont souvent tendues. L’équipe navigue entre zone de guerre, trafics de médicaments, amitié et amour, le tout en vivant des expériences souvent douloureuses.

Continuer la lecture de Ta’agad- Army Clinic

Barracuda – la gifle aquatique

De Hugo A. et Sarah C.

Projetée Mercredi 25 dans le cadre de la compétition, et  en présence du réalisateur, Barracuda est une série australienne,  qui raconte l’histoire de Daniel Kelly, un jeune australien issu de classes populaires, passionné de natation depuis son plus jeune âge. Ses entraînements acharnés lui permettent d’intégrer le lycée privé de Melbourne qui forme les plus grands nageurs australiens.

C’est la seconde fois que le réalisateur, Robert Connolly, s’associe avec l’écrivain Christos Tsolkias pour une mini-série. En 2011, il adaptait le roman La Gifle en huit épisodes de 51 minutes. Diffusée sur Arte en 2013, elle permit au réalisateur d’acquérir une renommée internationale. C’est pourquoi la série était tant attendue au FIPA.

Continuer la lecture de Barracuda – la gifle aquatique

Jeune Création : 3 courts-métrages serbes

Mercredi 25 janvier à la médiathèque, la création serbe est venue apporter un vent d’optimisme après les films quelque peu désenchantés de la London Film School dans la section «Jeune Création», avec trois courts-métrages de la Faculté des Arts Dramatiques (FDU).

De gauche à droite : Jelena Gavrilović, Dora Filipović et Nikola Zdravković
Continuer la lecture de Jeune Création : 3 courts-métrages serbes

Studio+ : les séries pour le tout petit écran

Lancée fin novembre, l’application Studio+ est arrivée sur le marché de la fiction audiovisuelle en apportant une vraie nouveauté : des séries au format court conçues pour un visionnage sur smartphone. Gilles Galud, directeur du projet était au Fipa hier pour présenter Crime Time en présence de l’équipe de la série.

C’était la première fois hier que Julien Trousselier, jeune réalisateur de Crime Time, voyait sa série sur grand écran. Le passage du cinq pouces à l’écran du cinéma Le Royal de Biarritz n’a pas desservi sa première fiction. « Ça a de la gueule quand même » comme il le résumait plutôt bien.

Parce que oui, Crime Time, comme toutes les autres séries diffusées et produites par Studio+, est d’abord destinée aux écrans de smartphones. Affilié au groupe Canal, la force de ce projet tient dans cette originalité, pour 4,99 euros par mois, les utilisateurs ont accès à des séries dont les épisodes ne dépassent pas les dix ou douze minutes et sont conçus pour être visionnés sur un smartphone. Dans un monde où le temps disponible serait devenue une denrée rare, Studio+ veut vous divertir là où un épisode de Games of Throne est trop long pour ce trajet en bus mais où parler à votre voisin reste définitivement inconcevable. Pari risqué pour ce Netflix français du format court mais plutôt réussi à en croire les réactions du public hier soir.

Breaking bad brésilien ?

Effectivement, Crime Time en a mis plein les yeux pour les spectateurs présents dans la salle. Le pitch, Antonio Padaratz est un présentateur de télé brésilien dont l’émission est suivie par près de la moitié du pays. Il se rend dans les favelas de Sao Paulo et montre sans aucune pudeur, les crimes les plus macabres de ces quartiers. Pourtant, « Tony » lui-même n’a pas toujours vécu sous les projecteurs et a d’abord été un flic un peu minable de ces mêmes rues. Cette première saison raconte, comment l’homme, à la morale très contestable, a réussi à atteindre les sommets. Une histoire très largement inspirée de celle de Walace Souza.

 

Crime Time a tout pour conquérir le public jeune qu’elle vise : violence, action, sexe et humour. Le format smartphone favorise beaucoup les gros plans mais a aussi l’avantage de jouer énormément sur le son. « Les utilisateurs de smartphones utilisent des écouteurs, le son nous a paru important et permet de représenter tout ce qui n’est pas dans l’image et créer une véritbale immersion » assure Gilles Gallud. Si certains devront s’habituer à ce nouveau mode de visionnage, les autres s’y feront très rapidement. Donc si vous êtes de ceux qui dégainent leur appli YouTube dès que l’ennui se fait sentir ou de ceux pour qui binge watching est devenu le quotidien, votre bonheur est peut-être ici. Le rythme est soutenu (le format court ne laissant pas vraiment le temps au silence), l’image est soignée et le jeu des acteurs, – en particulier d’Augusto Madeira, convaincant en tueur froid et cynique et touchant en bon père de famille – est très juste et parvient à nous emmener au cœur des favelas.

La qualité en dix minutes

Car la force de Studio+, c’est aussi ça. En proposant des séries de qualité au format très court et sur mobile, elle vise un public très précis. « Les 25-45 ans sont le cœur de cible » selon Gilles Galud, « un public de télé connoisseurs qui sont habitués à du contenu pointu ». En opposition donc avec une télé traditionnelle, rassembleuse mais plus lisse. La plateforme travaille donc avec des équipes très jeunes, des réalisateurs au scénaristes, qui leurs proposent des sujets originaux avec une esthétique recherchée. Rapidement, Studio+ pourrait très probablement se présenter comme un véritable vivier de jeunes talents et pourrait servir de tremplin pour passer des dix minutes au long format. C’est d’ailleurs ce que certains peuvent regretter, le fait de gâcher certains talents en les enfermant dans ce cadre si restreint de la durée et du support.

Il est encore tôt pour juger du succès ou non de Studio+ mais on ne peut définitivement pas contester la qualité des contenus proposés ni de l’originalité et de la vraie nouveauté du concept. De plus, l’application vise grand en étant présente dans une vingtaine de pays dans le monde entier tout en proposant les mêmes contenus internationaux. Il est ainsi possible de visionner des séries danoises, brésiliennes ou américaines, une garantie d’avoir toujours plus de contenus variés et originaux. Comme pour l’année dernière, 35 millions d’euros seront investis cette année, l’objectif étant de multiplier les positions en Asie, Amérique latine et ailleurs encore.

Un Fipa Very British!

Quelles sont les inspirations de la nouvelle génération de réalisateurs ?

Les quatre courts métrages projetés à la Médiathèque du FIPA, à 14h30, mettent à l’honneur les étudiants nouvellement diplômés de la London Film School. Cette école réputée internationalement a la particularité de rassembler des étudiants de tous pays : plus de 70 nationalités différentes sont représentées. Lors de leur dernière année de cursus, les apprentis réalisateurs sont amenés à réaliser un film sur le sujet de leur choix. 4 000 livres de budget, une liberté totale, un premier pas dans la vie professionnelle.

Quelques points pratiques : les futurs réalisateurs ne sont pas autorisés à utiliser les ressources offertes par l’école, sauf les bancs de montage qu’ils doivent réserver à l’avance. C’est le règne de la débrouillardise, conditions professionnelles oblige. Sue Austen, tuteur à l’école, précise que les étudiants doublent en moyenne le budget qu’il leur est alloué – ressources personnelles, crowdfunding… L’âge est aux moyens alternatifs de financements.

Signe du pessimisme de notre époque ou de la difficulté des jeunes à trouver leur place, les quatre films vus au FIPA se rassemblent autour de thèmes communs : le silence assourdissant de l’absence, l’ennui des longues journées adolescentes, la difficulté des êtres à se trouver – ou s’y retrouver – dans des paysages marqués par la solitude published here.

Quatre films, quatre décors, mais aussi quatre pays « sans racines » : Tamara a été tourné dans le no man’s land de la Sibérie natale de la réalisatrice, Sofia Safonova, Petite Nature dans une friche industrielle en Belgique (le réalisateur Ilhan Palayret est français), In The Hills dans une Angleterre du point d’un immigrant (Hamid Ahmadi, le réalisateur, est iranien) et Dog Days dans une ferme américaine où la nature a pris le dessus (où le réalisateur Nathan Deming a vécu son enfance).

Continuer la lecture de Un Fipa Very British!

CALLBOYS

Mercredi, 14h45, théâtre du Casino, entre un reportage d’investigation sur la dette étudiante (Etudiants, l’avenir à crédit) et un autre sur une rescapée de l’attaque contre Charlie Hebdo (Rien n’est pardonné) était programmé Callboys. Cette série belge de 7 épisodes de 50 minutes créée par Jan Eelen et Youri Boone est peut être la surprise de ce début de festival mais c’est surtout un étonnant choix de programmation de la part du FIPA. Continuer la lecture de CALLBOYS

FIPA 2017 – Une cérémonie d’ouverture placée sous le signe de l’interactivité

19h30, Gare du Midi à Biarritz, Bruce Toussaint fait les 100 pas en bord de scène. D’un ton léger, il ouvrira dans quelques instants la trentième édition du Fipa. La salle se remplit progressivement d’anciens et de nouveaux, de jeunes et de moins jeunes. C’est par ailleurs ce que constate le maître de cérémonie qui s’empresse de rappeler à quel point les nouveaux modes de consommation du jeune public inspirent Continuer la lecture de FIPA 2017 – Une cérémonie d’ouverture placée sous le signe de l’interactivité