Archives de catégorie : FIPA 2019

Résume-moi ton projet

Au milieu de la riche programmation que nous offre le FIPADOC à travers les nombreuses sélections, un espace dédié spécialement aux professionnels accueille tous les jours de nombreux producteurs, diffuseurs, distributeurs et auteurs autour de conférences et de rencontres.

Lors d’une de ces rencontres, huit jeunes aspirants réalisateurs récemment diplômés du Créadoc de Bordeaux sont venus confronter leur projet de documentaire à un panel de producteurs et de diffuseurs dans ce que l’on nomme communément une séance de « pitch ». Exercice périlleux et difficile pour ces créateurs dont les projets sont encore tous des embryons de films. Actuellement plus ou moins en phase d’écriture, ils ont pu pendant une dizaine de minutes faire advenir une idée de film et la communiquer aux membres jury qui remettra un prix au projet qui aura été le plus convaincant.

Ces cinéastes en devenir ont pu pendant dix minutes développer leur projet qui le plus souvent traduit des expériences personnelles et intimes à travers des documentaires de création. Evidemment, il n’avaient pas le temps de développer plus profondément cette idée de cinéma qui germait dans chacun de leur esprit : du portrait en animation d’un jeune homme refermé sur lui-même à la quête d’une identité, chaque projet a eu néanmoins la chance de se confronter à des professionnels.

Le pitch se caractérise par un très court laps de temps c’est pourquoi nous pouvons peut-être entrevoir une des limites de ce difficile exercice qui joue plus sur des effets de langage que sur l’intelligibilité du film. Néanmoins, ce pitch est en quelque sorte une base sur laquelle va se fonder une première impression pour le potentiel diffuseur et la discussion peut partir de là. La partie la plus intéressante de cette session de pitch a été les échanges qui ont pu exister entre les professionnels et les cinéastes. Ces derniers ont pu développer leurs idées, ils ont eu plus d’espace afin de s’exprimer.

A l’issue de cet exercice, un projet sur les huit remportera un prix et se verra proposer une aide à la post production afin qu’il soit mené à bien.

Another day of Life : La guerre dans tous ses éclats

Film d’animation documentaire, Another day of life retrace le périple du reporter polonais Ryszard Kapuscinski en Angola, lors de la sanglante guerre civile qui éclate en 1975. Colonie portugaise pendant de nombreuses années, l’Angola devient le dernier pays africain à retrouver son indépendance en 1975, lorsqu’une violente guerre civile éclate entre deux mouvements soutenus respectivement par les blocs soviétique et américain. L’Angola devient alors un théâtre meurtrier de la guerre froide.

Alors que les colons s’enfuient dans la précipitation, Ricardo, seul reporter sur le terrain, décide de couvrir la genèse de cette guerre. Il n’hésite pas à pénétrer les zones de conflit les plus dangereuses ni à s’immerger complètement dans le Confusão. Le Confusão, c’est le chaos qui règne en maître sur l’Angola, celui qui fait danser jusqu’au petit matin, celui qui perd les repères et inonde tout le film de son aura. C’est en alternant brillamment entre images d’archives, animation et entretiens, que ce film résolument hybride retrace le périple de Kapuscinski, ponctué de rencontres fortes avec des héros de cette guerre aujourd’hui oubliés.

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« Home Games » : une histoire entre Cendrillon et Maradona

Home Games est un long-métrage documentaire percutant qui nous plonge au cœur de la vie d’Alina, jeune footballeuse ukrainienne, prise dans les tourments d’une vie familiale chaotique. Abandonnée par sa mère, contrainte de prendre en charge son jeune frère Renaat et sa sœur Regina, elle est partagée entre sa passion pour le football et ses lourdes obligations familiales. Cette année, Alina a deux objectifs: intégrer l’équipe nationale d’Ukraine et inscrire pour la première fois son frère et sa sœur à l’école.

Home Games s’apparente au conte par sa forme et le traitement de ses personnages. Alina en fée, se battant jour après jour pour offrir à sa fratrie une enfance plus heureuse que la sienne en orphelinat est aidée par Babouchka, grand-mère charismatique face à Roman, le beau-père alcoolique et parasite. Réalisé par Alisa Kovalenko le film nous plonge au plus près de la vie de ses personnages dans une esthétique proche du cinéma direct. Un réalisme qui tranche avec sa narration proche du conte. C’est ce mélange qui fait la puissance de Home Games. Jamais pathétique, drôle et poétique, il brosse un portrait d’une Ukraine méconnue et de femmes courageuses.

Interview de Stéphane Siohan producteur de « HomeGames »

«La guerre a déclenché des énergies humaines qui sont des moteurs à film » 

En février 2014 Stéphane Siohan passe quelques jours à Kiev le temps de donner un cours sur le webdocumentaire. Alors qu’il est sur le point de repartir, à l’aérop@smartFipa, FUort, son téléphone sonne, le gouvernement vient d’ouvrir le feu sur les manifestants de la place Maidan et il est l’un des seuls journalistes français sur place. En quelques minutes son destin professionnel prend un virage inattendu. Il renonce à partir et à peine quelques minutes après avoir quitté l’aéroport, sur une aire d’autoroute en direction du centre-ville, il fait son premier direct avec RTL. Installé depuis dans le pays, il couvre l’actualité politique et sociale pour différents médias européens parmi lesquels Le Figaro, Le Temps ou Le Soir. Aujourd’hui, l’attention du monde s’est détournée de l’Ukraine, balayée par des vagues de sujets médiatiques. Pourtant, les accords de Minsk n’ont pas véritablement changé la nature de l’Ukraine, toujours en proie à de profondes mutations. Venu au FIPADOC pour présenter « Home Games » (son premier film en tant que producteur), au public français, nous le retrouvons dans l’espace Bellevue.

Comment êtes-vous passé de correspondant pour la presse à producteur de documentaires ?

« Dès mon arrivée en Ukraine, des contacts m’ont ouvert les portes de la nouvelle scène documentaire ukrainienne alors en pleine renaissance. En parallèle de mon travail de journaliste j’ai suivi de près l’ascension de ces jeunes réalisateurs avides de documenter l’état de leur pays. Je connaissais déjà Alina, (la réalisatrice de Home Games) et lorsqu’elle m’a demandé un jour en rigolant d’aller pitcher son prochain projet à sa place, je me suis pris au jeu. L’histoire de « Home Games » était si forte qu’on a remporté le prix The Guardian et une dotation de 12.000£. Problème, l’apport ne pouvait être remis à l’auteur, mais a une structure de production. C’est à cette occasion et pour encaisser le prix que j’ai créé East Road Film. »

De quelle manière les événements de février 2014 ont bousculé la scène cinématographique ukrainienne ?

« L’Ukraine a connu en 2014 une renaissance du genre documentaire. Historiquement, le pays était une terre d’expérimentation pour le genre au début du siècle, mais depuis de longues années, tous les les jeunes réalisateurs voulaient faire de la fiction ou de la pub. Maintenant, ils veulent tous faire du documentaire. Beaucoup de réalisateurs ou d’étudiants ont commencé à filmer de manière compulsive les événements qui se passaient dans leur pays. Il faut s’imaginer que la révolution de Maidan c’est l’histoire qui fait irruption dans leur pays. Les gens ont encore du mal à donner un sens à tous ces événements. C’est un pays sur des sables mouvants ou chaque jour se passe de nouveaux événements. Je vis dans un pays où je vois des histoires en permanence. La guerre a déclenché des énergies humaines qui sont des moteurs à film. Le conflit est le moteur du cinéma.
Cet essor s’est fait ressentir sur la scène internationale puisqu’en 2015, deux documentaires ukrainiens ont été sélectionné à l’IDFA (« Ukranian Sherrifs » et « Alisa in Warland » le 1er film d’Alisa Kovalenko) et un autre à remporté le prix à Dok Leipzig »

Par le passé, vous avez été impliqué dans le développement de plusieurs projets documentaires, qu’est-ce qui change dans la manière de produire un film en Ukraine ?

« En Ukraine, le rapport au documentaire est plus vital. Personne n’attend l’obtention d’une aide financière avant de commencer à filmer. La logique des ukrainiens c’est quand ils ont une idée de film, ils filment. Les réals se prêtent du matériel entre eux, ils se débrouillent très souvent sans le support des institutions. Les producteurs doivent suivre ce rythme et trouver des partenaires compatibles avec ces nouvelles temporalités. Impossible d’avoir le CNC par exemple, alors on se débrouille autrement, en multipliant les partenaires pour avoir la plus grande liberté possible et en réduisant les coûts, à l’international notamment. »

 

Jules Dubernard

 

Portrait d’une folie

Quelle folie !

De Diego Governatori

 

Pour le film Quelle folie, le réalisateur Diego Governatori s’est fixé comme mission de créer une forme cinématographique apte à transmettre la parole lucide de son ami Aurélien, présentant des troubles autistiques de haut niveau.

         La caméra suit sur une longue période Aurélien, confronté par le réalisateur à plusieurs situations, dans le seul but de faire émerger de son inconscient des réflexions portant sur son rapport à son autisme, à la violence de la vie quotidienne mais aussi sur le caractère ambivalent des relations qu’il entretient avec l’objet cinématographique créé par son ami et lui. Aurélien frappe et séduit par sa lucidité et le recul qu’il a non seulement sur sa propre et singulière situation, mais aussi sur le monde qu’il scrute et analyse à la manière d’un anthropologue. Les analyses de ce dernier se distinguent par l’importance qu’il accorde à ce qui serait communément considéré comme inintéressant ou accessoire, par le fait que ses réflexions ne sont pas localisées, mais lient toujours un premier constat à une vision plus globale.

         Ainsi, par des plans serrés qui expriment toute la tendresse du réalisateur pour son ami, on le suit dans différentes pérégrinations qui le mènent notamment dans un champs d’éoliennes où il s’interroge et semble douter de la faisabilité du film et de l’intérêt qu’il fera naître chez les potentiels spectateurs, mais aussi dans une ville de Pamplune effervescente durant les ferias et d’où ressort un contraste visuel et sonore permanent entre le monde intérieur d’Aurélien et la réalité extérieure des festivités.

         Ce film, qui par son procédé de plans longs fixés sur l’unique protagoniste aurait pu très vite ennuyer, séduit par la personnalité et le charisme d’Aurélien. Ses réflexions et ses pensées tranchent avec les idées communément admises, et ouvrent de nouveaux horizons. Sa place particulière dans la société lui confère un point de vue original qui lui permet de disséquer et de questionner les interactions sociales avec une forme de naïveté érudite bienvenue.

         Le film pousse le spectateur à voir la vie au travers d’un prisme différent, à remettre en question ce qu’il pourrait prendre comme acquis, à reconsidérer, selon les mots d’Aurélien, le « réel ». Et il nous semble que là se trouve précisément la vocation du cinéma. D’ailleurs, il semblerait qu’il s’agisse d’un avis partagé puisque le film a reçu à la fois le prix du meilleur documentaire national et le prix Mitrani, qui récompense le meilleur premier film du festival.

 

By Guil Sela featuring Margaux Deveugle

Change is coming (out)

COMING OUT est un film réalisé par Denis Parrot. Il est produit par deux productrices, Eléonore Boissinot et Claire Babany pour leur structure Dryades Films.

Le film est un montage de vidéos Youtube de différents jeunes aux quatre coins de la planète, toutes ayant un seul point commun : Leur protagoniste fait son coming out en direct, ou le raconte.

Au travers de ces vidéos, Denis Parrot réussit à mettre en place un fil rouge invisible qui guide le spectateur dans une narration incarnée par un arc-en-ciel de personnalités.

Il met le doigt sur différents thèmes soulevés par le fait de révéler son homosexualité ou sa transsexualité, avec une distance qui permet à tout un chacun d’y être sensible sans pour autant être concerné.

Le film aborde des sujets universels comme l’importance de l’approbation des parents et du regard de ses proches, la recherche d’identité dans la construction de soi. Il s’intéresse également à des questions socié

tales comme la place de la religion, l’importance de la représentation des minorités dans les médias, le fléau des maladies mentales et du suicide chez les jeunes, plus particulièrement homosexuels ou transsexuels.

Il jongle avec les joies et les peines de chacun pour offrir un film révoltant et drôle, tout en nuances.

Sans tomber dans la dénonciation, Denis Parrot fait de l’homosexualité et de la transexualité quelque chose de banal, et permet à tout le monde d’y trouver son compte.

C’est une voix pour les jeunes homosexuels et transsexuels en marge de leur cercle social, et un exemple pour les parents de ces jeunes à qui la situation peut échapper et qui ne savent pas comment agir. C’est aussi une démonstration pour tout individu qui n’a jamais eu l’occasion d’être sensibilisé à la cause, et un rappel à l’ordre pour ceux qui croyaient que toute orientation sexuelle était maintenant totalement acceptée.

En plus de passer un bon moment, ce film et sa réception par le public donnent espoir en un monde plus tolérant où chacun peut vivre comme bon lui semble.

Otage(s), la déception de la liberté

Le documentaire Otages, co-réalisé par Michel Peyrard, ancien journaliste et Damien Vercaemer également chef-opérateur, dresse le portait de sept personnes kidnappées par les plus dangereuses organisations terroristes ou militaires dans le monde. De la Colombie à la France, en passant par l’Autriche, ces personnes nous livrent un récit personnel fort et peu entendu des médias traditionnels. Le but de ce film est de faire entendre ces voix d’une manière différente, en allant plus loin que le simple récit de leur kidnapping et de leur libération. Les ex-otages commencent par raconter leur périple vers la liberté mais vont au-delà en nous parlant des difficultés que représente le retour à une vie normale et les nombreux problèmes familiaux que les retrouvailles entraînent. Ce documentaire permet au spectateur de comprendre la torture psychologique qu’un kidnapping représente, mais aussi le traumatisme qui se poursuit bien longtemps après leur libération.  Continuer la lecture de Otage(s), la déception de la liberté

Suspension d’audience au pays des voyeurs

A la cour d’assises de Bruxelles, un homme témoigne de l’assassinat de sa femme et de ses trois enfants. Alors que ce dernier décrit la scène macabre avant d’éclater en sanglot, c’est avec élégance et pudeur que la caméra préfère se poser sur les visages de l’audience, médusés. Suspension d’Audience, réalisé par Nina Marissiaux, est un court-métrage documentaire qui, du haut de ses vingt-quatre minutes, provoque et interroge.

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Les Tombeaux sans noms de Rithy Panh : Les Esprits du passé

La dernière œuvre de Rithy Panh été projetée au FIPA dans une séance introduite par un court de la série Les Mystères d’Archives de Serge Viallet. Produit pour Arte, Les tombeaux sans noms est un film autobiographique traitant de la thématique la plus prégnante du cinéaste : la mémoire du génocide Khmer.

Après L’image manquante, Rithy Panh nous plonge cette fois dans le décor réel de son histoire d’enfance. On le suit dans les plaines rurales du Cambodge, errant sur les vestiges de son passé dans les camps Khmers. Aucune trace ne laisse douter de ce passé lugubre, sauf la mémoire torturée du réalisateur qui met à l’épreuve le lieu de ses tourmentes et honore les esprits de ses défunts proches. Entre spiritisme, archive et poésie le passé émerge pour raconter ce que peu de voix parviennent à dénoncer sur cette époque traumatisante pour les générations passées. Deux villageois racontent cette période où les citadins ont rejoint la campagne pour travailler en masse et subir avec eux les lubies de l’Angkar. Un point de vue variant de celui du petit garçon de Phnom Penh que L’image manquante nous donnait. Ici, ce sont deux hommes qui racontent d’abord l’espoir d’une société plus juste qui s’est transformé en tourmente générale où la famine et la violence étaient omniprésentes.

Dans son précédent film les figurines étaient faites d’eau et de terre, dans Les tombeaux sans nom c’est de bois qu’elles sont faites : un bois flottant arraché de son lieu d’origine et errant, saignant même parfois. Les disparus du génocide Khmer sont représentés par ces statuettes de bois qui sont comme les corps l’ont été : usés puis abandonnés. L’invisible prime sur le visible et il n’est plus question de fabriquer des images qui contrediront la propagande du passé, mais plutôt de faire émerger les esprits de ceux qui ont perdu leur vie dans ces plaines afin de leur offrir une sépulture.

Rithy Panh prend son propre deuil pour point de départ du voyage. Une voix, qui sans doute relaie la sienne, nous décrit dans une prose poétique la difficulté d’être piégé de l’autre côté de ce voile de la vie qui sépare des êtres aimés. Au son de cette litanie, on découvre les gestes du rite, ses effigies, ses incantations, qui visent aussi bien à soulager les morts que les vivants. Au fil du film, nous les rencontrerons plusieurs fois, sous plusieurs formes et chorégraphies, mais toujours guidés par ce même désir de jeter un pont par-dessus le fleuve de l’oubli. Un oubli exacerbé par l’ampleur de l’horreur commise par un régime qui sépare, qui tue, qui abandonne les morts par milliers sans s’encombrer de funérailles, jusqu’à ce qu’ils soient engloutis par “la terre gorgée de corps”.

Ce régime, on le découvre par le biais de témoignages de ceux qui lui ont survécu. Qui nous décrivent sa violence et son absurdité. Qui nous narrent aussi, avec indulgence, les extrêmes auxquels certains ont été poussés pour survivre, coûte que coûte, dans ce monde apocalyptique où les hommes tombent comme des mouches. Ces contes cruels s’intercalent d’abord aux images de rituels, puis occupent de plus en plus de place au fur et à mesure que la trajectoire personnelle du réalisateur laisse place au récit du drame commun dont les atrocités touchent à l’universel. A travers la douleur d’un homme, on devine alors celle de mille autres, de dix milles autres, d’un million d’autres : on estime à un million et demi le nombre de morts attribués au régime des khmers rouges.

Un père. Une sœur. Un fils. Une grand-mère. Une épouse. Tout ça à la fois. Le poids des absents pèse sur l’âme cambodgienne avec une souffrance inexprimable. Dans un pays où la moitié de la population a moins de trente ans, comment entretenir le souvenir de celles et ceux que le Angkar a tout fait pour effacer ? Ici, les images et le lyrisme évoquent ce pour quoi les mots ne peuvent suffire. Une quête pour essayer de comprendre, chercher, guérir – autant que cela est possible. Pour Rithy Panh, comme pour tant d’autres sans doute, il ne s’agit pas de clore ce qui est terminé, mais bien d’apprendre à vivre avec.

Lila Gleizes et Neiha Berriche

Les Tombeaux sans noms de Rithy Panh. France, Cambodge. 2018. Projeté dans le cadre de la 1ère édition du FIPADOC.

La tentative de Fuck Fame

Réalisation : Lilian Franck et Robert Cibis
Production : OvalMedia
Diffusion : ZDF

Diffusé au Casino Municipal le 27 janvier à 09h30.

Sélectionné dans la catégorie documentaire musical, Fuck Fame était originellement un scénario de fiction. Un scénario qui s’est révélé si proche de la vie d’Uffie, qu’il s’est transformé en documentaire lors de l’audition de la chanteuse pour le rôle principal. Les similitudes frappantes existant entre la trajectoire de l’artiste et l’histoire originelle de Lilian Franck ont fait basculé le projet. Fuck Fame est devenu un portrait, celui d’Uffie, star précoce et éphémère de l’électro de la fin des années 2000.
Filmée régulièrement par Robert Cibis depuis 2012, le film devait initialement retracer l’enregistrement du second album de la chanteuse. Les choix de vie d’Uffie l’ont menée ailleurs. Entre grossesses et dépressions, elle a finalement décidé d’arrêter sa carrière au cours du tournage. Une décision radicale qui a bousculé la dramaturgie du projet.

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L’hôpital où l’on soigne les corps et les cœurs des femmes

Sorti en 2014 et en compétition au FIPA DOC 2019, Congo, un médecin pour sauver les femmes, naît d’une réflexion personnelle : comment espérer que les européens s’intéressent aux problèmes de guerres en Afrique, lorsque les africains expatriés peinent à s’y intéresser eux-mêmes ? C’est la réflexion que se fait la réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang à la lecture d’un article dépeignant le travail de Denis Mukwege.

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