Archives de catégorie : Il Cinema Ritrovato 2017

A la recherche de Douglas Sirk

De nombreux thèmes ont été programmés par la machine à voyager dans le temps installée à Bologne, parmi lesquels « A la recherche de la couleur : Kinemacolor et Technicolor », qui m’a permis de découvrir davantage du cinéma de Douglas Sirk avec la projection de trois de ses célèbres mélodrames : Magnificent obsession (Le Secret magnifique, 1954), Written on the wind (Ecrit sur du vent, 1956) et All that Heaven Allows (Tout ce que le ciel permet, 1955), chacun avec Rock Hudson parmi les acteurs principaux.

Comme Alfred Hitchcock, Douglas Sirk (de son vrai nom Detlef Sierck) était européen et avait déjà réalisé une dizaine de films en Allemagne dans les années 1930, avant de tourner à Hollywood jusqu’en 1959. Né en Allemagne en 1897, il a entre autres étudié l’histoire de l’art et a été metteur en scène de théâtre à succès avant de se tourner vers la mise en scène au cinéma. On peut d’ailleurs supposer que cette formation artistique très étendue a par la suite eu un rôle majeur dans sa conception du mélodrame et pour la composition esthétique de ses œuvres cinématographiques. C’est en 1934, à l’aube du IIIe Reich, que sa carrière cinématographique a commencé, avant de se poursuivre aux Etats-Unis dès 1937, après avoir échappé à l’Allemagne nazie.

Aujourd’hui, Douglas Sirk est principalement connu pour ses mélodrames flamboyants réalisés à Hollywood dans les années 1950, grâce au procédé du Technicolor trichrome. Auparavant réservé aux productions à gros budget (films historiques, western, comédies musicales), le Technicolor s’est ensuite répandu dans les années 1940 et notamment au genre du mélodrame, devenu essentiel à Hollywood. Souvent méprisés à leur sortie par la critique, les films de Douglas Sirk sont désormais considérés comme des « classiques hollywoodiens », des drames dôtés d’une puissance visuelle et émotionnelle inscrits dans la bourgeoisie américaine de cette époque.

Lauren Bacall dans Written on the wind

Les œuvres mélodramatiques de Douglas Sirk sont loin d’être superficielles et destinées aux femmes hypersensibles (on parlait à l’époque de women films), mais sont bel et bien porteuses de thématiques universelles et intemporelles. Preuve en est qu’elles sont parvenues à toucher et à inspirer des cinéastes comme l’Allemand Rainer Werner Fassbinder et l’Américain Todd Haynes, et ce à des époques totalement différentes. Le film Angst essen Seele auf (Tous les autres s’appellent Ali, 1974) transpose l’histoire d’amour du film All that Heaven Allows dans l’Allemagne des années 1970 entre une veuve allemande et un immigré marocain, tandis que Far from Heaven (Loin du paradis, 2002) va plus loin en empruntant au film de Douglas Sirk des éléments narratifs mais aussi esthétiques, comme en hommage à son oeuvre.

Dennis Haysbert et Julianne Moore dans Far from Heaven

Si le festival Il Cinema Ritrovato offre l’occasion de découvrir ou redécouvrir des films en version restaurée, les spectateurs peuvent également apprécier des projections avec des copies d’origine, comme ce fut le cas avec les films de Douglas Sirk qui provenaient de la collection de l’Academy Film Archive. Malgré les défauts perceptibles, causés par les traces laissées par le temps sur les pellicules, le plaisir de se laisser porter par ces drames colorés reste intact.

Robert Mitchum mis à l’honneur d’Il Cinema Ritrovato 2017

Le centenaire de 1917 a occupé une majeure partie (cinquante films) du festival Il Cinema Ritrovato ; mais en dehors des films produits cette année-là, c’était aussi l’occasion de fêter les cent ans de la naissance de Robert Mitchum – ou de commémorer les vingt ans de sa mort. Figure énigmatique de l’affiche de l’édition de cette année, Mitchum a rempli une bonne part de la programmation.

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Le hasard fait bien les choses

Le festival Il Cinema Ritrovato nous emporte vers des pépites. La fête à Henriette de Julien Duvivier (1952) en fait partie.

Bologne et son festival, Il Cinema Ritrovato, au-delà de l’émerveillement face au patrimoine cinématographique mis en valeur, c’est tout une organisation… Pour la mise en place du festival lui-même, mais aussi pour le public. Derrière l’enthousiasme à l’idée des films projetés se trouve un agencement de l’emploi du temps qui se doit d’être réfléchi. Et lorsque les horaires ne correspondent plus, que les projections des films se chevauchent et qu’il faut faire des choix, nous nous retrouvons parfois dans des salles dont nous ne connaissons rien des films. C’est alors au hasard d’abattre ses cartes !

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Bologne : une arrivée en péniche.

Parce que nous ne nous doutions pas qu’en Italie, un film en noir et blanc des années vingt en version originale sous-titrée peut encore déplacer les foules, nous sommes arrivés un quart d’heure avant le début de la projection, face à plusieurs centaines de chaises occupées, contraints de voir, par 37° C, assis sur les pavés engorgés de soleil, le chef d’œuvre de Jean Vigo tourné en plein hiver. Notre premier contact avec Bologne a donc été une contradiction sensuelle, entre l’odeur du pavé chaud et le noir et blanc glacé de l’écran de toile.

L’introduction de Nicolas Seydoux (Gaumont), Costantin Costa-Gavras (Cinémathèque française) et Margaret Bodde (The Film Foundation) a fait écho à la présentation des rushes de l’Atalante qui avait eu lieu quelques mois plus tôt lors de l’Orphan Film Symposium à la Cinémathèque française, où il a beaucoup été question du froid par lequel le tournage s’est déroulé. Des rushes où l’on perçoit la souffrance des acteurs, qui s’emmitouflent dans des couvertures dès la fin de leur scène, mais aussi les plans sur les arbres enneigés, sans feuilles et l’eau gelée, coupés au montage car la jeunesse de l’amour ne se représente qu’au Printemps et que Jean Vigo a voulu faire illusion. Même Météo France, autrefois Office national météorologique, garde souvenir des températures négatives de l’hiver 1933, survenu en pleine crise économique : « Sur la Seine, les glaçons sont si énormes que la navigation doit être interrompue entre Rouen et Paris, mais le fleuve ne gèle pas complètement. ».

Il y avait aussi la chaleur du public italien, celle dont on rêve lorsqu’on a vu Cinema Paradisio : son brouhaha, ses fumées de cigarettes, ses applaudissements, ses rires éclatant à tout moment et se propageant à toute l’assemblée.

A la nuit tombée, les premiers plans de L’Atalante inondent la Piazza Maggiore. Inonde, car c’est bien cela dont le film parle : une vague de beauté et de délicatesse, un noir et blanc sublime et des acteurs terriblement touchants. Si, comme l’explique Juliette, le visage de l’être aimé apparaît sous l’eau à celui qui ose y ouvrir les yeux, nous passons une heure et demie sous l’eau avec eux, les yeux grands ouverts, subjugués. 

Lorsque Juliette (Dita Parlo) épouse Jean (Jean Dasté), elle accepte de le suivre sur sa péniche, « L’ Atalante », et donc de vivre recluse avec son mari et l’équipage : le père Jules (Michel Simon, magnifique de tendresse), son mousse (Louis Lefebvre) et une famille de chats. Cette vie s’avère vite frustrante et compliquée pour Juliette, qui décide de s’enfuir pour découvrir Paris. 

Flottant dans un monde à eux, décalé de la ville et de la vie, comme dans un rêve, les habitants de « L’ Atalante » se détachent des contraintes du réel et Jean Vigo avec eux. Le réalisateur se libère du cinéma de son époque et avec lui, ses personnages. Si ce film est d’une délicatesse sans nom, il est aussi celui de la passion, de la fusion des corps des deux amants, fous amoureux. On notera ce sublime plan par surimpression, qui réunis les corps du couple séparé dans un même plan, leur permettant de se retrouver et de faire l’amour. Magique, c’est aussi le caractère de ce film : les plans de la mariée sous l’eau, rejoint par Jean sont légendaires. Dans une danse sous-marine tragique et sublime, les amants, les yeux ouverts, se réunissent sous l’eau, formant un couple fantôme éternel et emportant Jean Vigo avec eux.

Annabelle Le Gallou & Lucia Joncourt.

Ma rencontre avec Jean Douchet au festival de Bologne

Que de découvertes cette année, au festival Il Cinema Ritrovato! Des films classiques comme l’Atalante de Jean Vigo diffusé place Maggiore ; Med Hondo, un réalisateur engagé, et notamment son très beau film Sarraounia ; des films iraniens datant des années 1950, où les femmes sont cheveux au vent et vêtue à la mode occidentale à travers les films du cinéaste Samuel Khachikian, … Et une très belle soirée de clôture avec la présence d’Agnès Varda et JR qui présentaient leur film Visages, Villages. Mais au cœur de ce festival, j’ai croisé de nombreuses fois un visage, qui m’est devenu familier, celui de Jean Douchet.

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Le génie Emile Cohl, pour la première fois au festival de Bologne

Je souhaiterais consacrer cet article à un de mes coups de cœur du Festival Il Cinema Ritrovato, édition 2017 : La projection de certains courts-métrages du caricaturiste et créateur de dessins animés français Emile Cohl. Gaumont et Pathé ont uni leurs forces afin de restaurer numériquement ces films, pour la première fois présentées au festival. Deux séances de projection ont été prévues, le 25 et 27 juin, d’une quinzaine de films d’animation réalisés à Gaumont entre 1908 et 1910 et quatre productions Pathé à partir de 1911.

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Une matinée avec la commission technique de la FIAF

 

fiaf logo
Capture d’écran de l’événement sur le site Il Cinema Ritrovato

 

Le Festival Il Cinema Ritrovato est un lieu d’échanges pour les professionnels : lors de sa présentation Céline Ruivo de la Cinémathèque Française et directrice de la Commission Technique de la FIAF a présenté les problématiques liées à la communication de la documentation lors de projets de restauration de films. En parallèle, Camille Blot-Wellens (chercheuse et restauratrice indépendante) a détaillé son important travail de recherches axé sur la datation des éléments filmiques dans les archives.

La documentation du processus de restauration

Lors d’un projet de restauration de film, les professionnels des archives audiovisuelles (archivistes, conservateurs et laboratoires) sont confrontés à une problématique similaire : l’échange et la mise en commun d’une documentation technique liée au processus de la restauration. Lors de son intervention du 27 juin 2017, Céline Ruivo a mis en exergue le manque d’homogénéité entre les institutions elles-mêmes et les laboratoires concernant cette documentation, aussi importante qu’inhérente à la conservation des films. Selon elle, la constitution d’un dossier de restauration – au même titre que les métadonnées –  vise à  informer à la fois sur l’état des supports et les techniques de restauration à appliquer aux films anciens.

perforations déchirées
Pellicule 35mm avec perforations déchirées. Source : DVDClassik.com

 

Pour introduire la réflexion sur le besoin d’homogénéiser la documentation technique d’une restauration, Céline Ruivo, a présenté des rapports techniques de différentes institutions de la Cinémathèque française en passant par la Filmoteca de Catalunya ou encore la Cineteca Nacional de Mexico. Le constant est troublant, aucune des trois cinémathèques citées ne présentent les mêmes informations dans leur « constat d’état » (terme utilisé par Céline Ruivo, pour caractériser un document destiné à la restauration physique d’un support filmique).

Une documentation généralisée par la FIAF

Suite à cette observation, la Commission Technique de la FIAF travaille actuellement au projet de création d’un « FIAF Restoration Report » dont l’objectif serait d’harmoniser les vocabulaires documentaires professionnels pour assurer une meilleure transmission des informations techniques entre les cinémathèques, les laboratoires et assurer ainsi une compréhension de tous des opérations de restauration des films.

restauration physique film
Restauration physique d’une pellicule 35mm. Source : Cineteca Bologna

 

Lors de son exposé, Céline Ruivo a proposé une solution, réfléchie directement avec la Commission Catalogage et documentation de la FIAF, pilotée en France par Laurent Bismuth (CNC – Direction du Patrimoine cinématographique).  La difficulté d’harmoniser le vocabulaire documentaire réside dans la différenciation entre les défauts techniques des films et les choix esthétiques (en tant que caractéristiques techniques originales). La subjectivité apportée dans les choix techniques en vue d’une restauration est donc évidente et c’est pour limiter les impacts négatifs de cette dernière que Céline Ruivo a proposé des méthodes de travail cohérentes, concises et applicables par les institutions en charges de films à restaurer.

Une solution globale et concise

La proposition d’une documentation du processus de restauration s’oriente vers une rédaction en quatre temps : une documentation dite analytique (approche synthétique de l’oeuvre et explication des choix de restaurations envisagés), puis une documentation technique, liée au choix techniques envisagés par le laboratoire (techniques  de restaurations et enregistrement des machines utilisées). Dans le troisième temps, une note relative au contrôle de la restauration est à envisager, avant la rédaction d’un rapport final synthétisant les objectifs de la restauration (atteints ou non). Il semble évident que ces éléments doivent être conservés, par les institutions pour assurer un suivi optimal de la vie du film restauré mais également à titre informatif en vue d’une éventuelle restauration future.

Identifier un film grâce au edge marking :

Dans le cadre du Film Identification Project mené par la FIAF, Camille Blot-Wellens (chercheuse et restauratrice indépendante) a fait part de son travail de recherche concernant les indications produites par les fabricants de pellicules, plus connues sous le terme de « edge marking« . Cette pratique consistait a inscrire une suite de lettres ou de chiffres (parfois des symbôles) à côtés des perforations et ces inscriptions ne devenaient lisibles qu’au développement des films.

edge marking Kodak
Photographie des perforations d’une pellicule 35mm avec edge marking Kodak.

Le principe du edge marking permettait une codification du matériel en toute confidentialité par le fabricant.

Rappelant le travail de Harold Brown et son apport considérable à l’identification des premiers films grâce aux éléments physiques, Camille Blot-Wellens a fait part de l’intérêt de décrypter les indications de types edge marking pour faciliter l’identifications des films.

Harold Brown Manuel 1990
Page de couverture du Manuel d’Harold Brown, publié par la FIAF en 1990.

 

Cependant, les principes de codification du edge marking est toujours aujourd’hui un secret. En effet, la plupart des fabricants de films n’ont pas conservé dans leurs archives les principes de codifications des films.  Aussi, Camille Bloch-Wellens n’a pas manqué de remercier les nombreuses personnes ayant participé à ses recherches aux seins des cinémathèques du monde entier. Elle a également insisté sur l’aspect collaboratif de sa démarche et sur la nécessité d’une plus grande collaboration entre les institutions et les fabricants pour rechercher et décrypter ces symboles, qui permettent d’identifier séquences, versions ou plus globalement des œuvres auparavant estampillés « films orphelins ».

 

Précédentes éditions du Festival Il Cinema Ritrovato :

Il Cinema Ritrovato 2016

Il Cinema Ritrovato 2015

 

La Commission Technique de la FIAF 

 

 

Un festival d’ombres et de lumières

La 31ème édition du festival Il Cinema Ritrovato est le reflet d’une ville atypique qui, sous certains aspects, existe toute entière à travers l’impression photographique.

 

cineteca di bologna festival cinema
Piazzetta Pasolini : lieu emblématique du festival, la place Pasolini regroupe les principales salles de conférences. On y trouve le marché du film organisé dans la bibliothèque ainsi qu’un petit café du cinéma.

 

En marge du Festival : un important patrimoine photographique

 

Si les trois pôles de la cinémathèque de Bologne sont des acteurs majeurs de la préservation et de la restauration du patrimoine cinématographique mondial, Bologne est aussi, et avant tout, une ville de photographie. De nombreuses boutiques et ateliers de photographie argentique et numérique perdurent dans le centre-ville, parfois depuis plus d’un siècle. En parallèle du festival, une exposition photographique est installée jusqu’au 30 septembre dans les sous-sols de la place principale. Celle-ci retrace l’histoire de la ville à travers un parcours mêlant histoire des techniques et témoignages artistiques et historiques. La scénographie de Bologna fotografata : tre secoli di sguardi (Bologne photographiée : trois siècles de regards) n’a rien à envier aux haut-lieux parisiens de la photographie que sont le Jeu de Paume et la MEP.

 

Bologne, ville de contrastes

 

sunset in italian street festival cinema
Via Pescherie Vecchie : en fin d’après-midi, des stries de lumière apparaissent dans les rues les plus étroites…

 

Bologne est une ville de lumière et d’ombre. Comme dans les villes du sud, les rues se veulent étroites et engorgées. Partant du centre historique, des axes plus larges recouverts d’arcades donnent aux voies piétonnes des tons zébrés fortement contrastés.

De nuit comme de jour, le public se presse pour un autre spectacle. Celui, tout aussi contrasté, des salles de projection du festival.

 

main avenue bologna festival cinema
Via Ugo Bassi : les grandes artères offrent de larges pans d’ombre. La température au soleil avoisine les 40 degrés…

 

projection lanterne cinema ancienne
Piazzetta Pasolini : la nuit, la lanterne du projecteur laisse s’échapper une colonne de fumée lumineuse…

De la même façon, la programmation de cette 31ème édition se veut hétéroclite. Les projections 4K contrastent ainsi avec les projections à la lanterne. La qualité de certaines restaurations (notamment celles du Kinemacolor datant déjà d’une quinzaine d’années !) parait désuète aux vues de l’imposante démonstration de force de ce début de festival : la projection d’une prise de vues d’Etienne-Jules Marey montrant la Place de la Concorde à la fin du XVIIIème siècle (numérisée l’année dernière en 13K).

 

screen on the main place bologna festival cinema
Piazza Maggiore : au centre de la ville, l’écran principal sur lequel les spectateurs ont pu assister à la projection numérique de Place de la Concorde, la prise de vues d’Etienne-Jules Marey récemment restaurée.

 

 

Le cinéma comme patrimoine photochimique et mécanique

 

Ici, les supports de projections sont multiples, tout comme les procédés utilisés. Ainsi, même si l’accent n’est pas mis sur cette pluralité de techniques, on ne peut tout de même, en tant que spectateur néophyte, qu’apprécier la multitude d’expériences qui s’offre à nous. Toujours tourné vers ses origines techniques tout en s’adaptant à un public baigné dans le numérique, le festival nous permet ainsi de voir le cinéma comme une mitraille de photographies, au bruit d’un rythme mécanique qui se fait aujourd’hui rare.

 

Précédentes éditions :

Il Cinema Ritrovato 2016

Il Cinema Ritrovato 2015

 

Article/Photos : Théo Dégranges