Archives de catégorie : Il Cinema Ritrovato

Un festival d’ombres et de lumières

La 31ème édition du festival Il Cinema Ritrovato est le reflet d’une ville atypique qui, sous certains aspects, existe toute entière à travers l’impression photographique.

cineteca di bologna festival cinema
Piazzetta Pasolini : lieu emblématique du festival, la place Pasolini regroupe les principales salles de conférences. On y trouve le marché du film organisé dans la bibliothèque ainsi qu’un petit café du cinéma.

En marge du Festival : un important patrimoine photographique

Si les trois pôles de la cinémathèque de Bologne sont des acteurs majeurs de la préservation et de la restauration du patrimoine cinématographique mondial, Bologne est aussi, et avant tout, une ville de photographie. De nombreuses boutiques et ateliers de photographie argentique et numérique perdurent dans le centre-ville, parfois depuis plus d’un siècle. En parallèle du festival, une exposition photographique est installée jusqu’au 30 septembre dans les sous-sols de la place principale. Celle-ci retrace l’histoire de la ville à travers un parcours mêlant histoire des techniques et témoignages artistiques et historiques. La scénographie de Bologna fotografata : tre secoli di sguardi (Bologne photographiée : trois siècles de regards) n’a rien à envier aux haut-lieux parisiens de la photographie que sont le Jeu de Paume et la MEP.
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Voir Amarcord en Italie

À notre arrivée à Bologne, nous découvrons les murs ocres bordés d’arcades qui s’étirent à perte de vue. La gay pride gronde encore, rivalisant avec le murmure des cigales ; le soleil s’éteint peu à peu, teintant les façades d’une lumière rougie. Une odeur douce de citron, de sueur et de thym flotte dans l’air.

Nous nous dirigeons vers le cinema Arlecchino pour assister à notre première séance, Amarcord, monstre du cinéma italien présenté en version restaurée pour la deuxième fois à Bologne. L’acteur principal du film, Bruno Zanin aujourd’hui sexagénaire, présente la séance. Malgré ses cheveux blancs, ses grands yeux bleus le trahissent aussitôt. La blague racoleuse et le sourire enjoué, il raconte ses débuts au cinéma et sa rencontre avec Fellini, alors qu’il n’est qu’un adolescent rebelle et fauché dont la gouaille séduira instantanément Il Maestro. Son histoire est fascinante mais ses airs de Delon repenti le rendent vite agaçant.
Le film commence et l’Italie, mère de tous les fantasmes, se déploie sous la pellicule. On se laisse doucement emporter par l’onirisme fellinien, oscillant sans cesse entre rire franc et mélancolie douce.
En sortant de l’Arlecchino, le monde devient fellinien à nos yeux. À la moindre brise, on s’attend à voir arriver il polline volage, annonciateur du printemps. On est surpris de ne pas trouver une tabaccaia aux courbes majesteuses en allant acheter ses cigarettes. Et le lendemain à la première séance, nulle trace de la Gradisca seule au troisième rang, passant du rire au larmes dans un nuage de Camel.
Pourtant, quelques jours plus tard, à l’orée de la campagne toscane, je me retrouve dans un bus où une femme aux proportions étonnantes, le regard ourlé de bleu canard, la bouche vermillon et la langue vive me parle en italien pendant plusieurs minutes, sous le regard étonné des autres passagers. Je finis par lui exprimer comme je peux mon incapacité à comprendre la langue mais la femme continue de me questionner, et moi de répondre comme je peux. Elle semble tout droit sortie d’un film de Fellini, et la scène s’achève sur une note comique proche de l’incongru, qui aurait sans doute plue au Maestro : un passager moustachu se met à traduire les questions de la donna jusqu’à ce que l’ensemble du bus finisse par s’intéresser à notre curieux échange autour des peaux blanches et de l’usage des éventails.

Le festival Il Cinema Ritrovato porte décidément bien son nom ; il permet de revoir des films fabuleux mais aussi de les revivre, à la manière de trésors retrouvés dans un grenier.

Mathilde R.

ALBERT SAMAMA CHIKLY, UN PIONNIER DU CINEMA TUNISIEN

Contemporain de l’invention du cinématographe, Albert Samama Chikly (1872-1934) est un pionnier du cinéma tunisien. Davantage connu pour ses deux films de fiction  Zohra (1922) et La Fille de Carthage (1924), son travail documentaire restait quant à lui inexploré. Avec la projection de plusieurs de ses films à la Cineteca et l’exposition de certaines de ses photographies à la Sala Borsa, Il Cinema Ritrovato exhume enfin ces archives dormantes.

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Concevoir la 3D, le grand écart ancien/moderne

C’est en 1953 que s’est tourné Kiss Me Kate. Ce dimanche soir, la cinémathèque de Bologne présentait la première comédie musicale tournée en 3D. C’est dans une sala Scorsese comble qu’on a pu mesurer le potentiel sensationnel qui a su à l’époque trouver un accueil chaleureux auprès du public conquis par la pièce de Broadway, écrite par Bella Spewack.
Est-il cependant nécessaire de souligner l’intérêt qu’apporte une 3D léchée à un film de danse, où les mouvements amples sont propices à la surprise qu’apporte le relief ?
On s’étonne d’abord de cette fantastique ingéniosité des arrières plans discrets mais qui donnent aux scènes de profondeurs de champs qui n’ont rien à envier à certaines productions moderne. De l’intelligence de séquences pensées pour le relief, pour une 3D qui a du sens, et non pour convenir à une mode.
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« Je suis un restaurateur de spectateurs. » – Serge Bromberg

Lobster Films a fêté ses 30 ans cette année. Samedi soir, Serge Bromberg accompagné de son équipe est venu présenter quelques pépites de sa collection. Il nous raconte comment tout a commencé… 

Serge Bromberg : J’ai regardé des films quand j’étais gamin à l’époque où il n’y avait pas de magnétoscope et de vidéo. Mon père a ramené un projecteur Super 8 à la maison et il a passé Charlot au Music Hall (1915) et depuis ce moment là je suis absolument fasciné par le cinéma. Continuer la lecture de « Je suis un restaurateur de spectateurs. » – Serge Bromberg

Trois histoires de femmes et de restaurations

L’édition 2015 du Cinema Ritrovato est fidèle à sa réputation: riches en découvertes en tous genres et toutes époques!
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