Du format français, donnez-nous du format !

Philippe Chazal est un hyperactif simvastatin 80 mg. Il commence sa carrière chez TF1, puis fait un court passage sur feu la Sept, il devient directeur des programmes chez Arte puis fonde la chaîne Histoire. Il revient chez Arte en tant que directeur des projets en passant par la direction de France 4. Bref, un homme d’une très grande expérience atteint de bougeotte aigüe.

Jamais sans une nouveauté à nous présenter, Philippe Chazal arrive donc au FIPA une pochette mauve sous le bras marquée La fabrique des formats… tout un programme. « Mais qu’est-ce que c’est ? » allez-vous dire. Du calme. Avant toute chose il faut préciser ce qu’est un format. On appelle format dans le langage audiovisuel tout programme que l’on peut vendre tel quel dans n’importe quel pays, il ne restera qu’à changer le casting. Inutile de citer les X-factor, Nouvelle Star, Loft Story ou encore The Voice. En France ce type de programme a toujours été plus ou moins ignoré et donc toujours importé depuis l’étranger.

Venons-en aux faits. Philippe Chazal s’est attelé au projet fou de permettre le développement de formats français. C’est un véritable enjeu économique et social qui se pose ici. En vérité « la fabrique des formats » répond à un appel d’offre lancé par le Ministère du Redressement Productif, l’occasion de citer Aurélie Filippetti qui disait lors de ses vœux hier, mardi 21, « le redressement productif ne va pas sans redressement créatif », et toc !

La fabrique des formats devra donc combler la pénurie de formats français originaux. Comment ? D’abord par la formation des responsables du développement des maisons de production en leur enseignant ce format délaissé : « pour développer les formats, il faut apprendre à faire le format ». Ensuite cet « incubateur à projets » pour reprendre les mots de Philippe Chazal va véritablement se mettre en marche. Parmi 40 projets de formats présentés par des maisons de production, 10 seront choisis pour être développés par un comité d’experts.

Ces 10 projets vont être travaillés pendant un an et selon les estimations 5 seront véritablement exploitables à la fin de cette année. Quand on dit exploitable, c’est qu’un pilote en français et en anglais aura été tourné et qu’un dossier complet aura été constitué. Bref, du prêt-à-vendre. Le fond pour le lancement de « la fabrique des formats » est constitué par le Ministère du Redressement Productif et par la BPI qui assure environ 50% du financement.

La fabrique des formats sera officiellement lancée et opérationnelle début avril et on prévoit un autofinancement dans environ 4 ou 5 ans puis un remboursement total de la dette de départ dans 8 ans. Mais d’où sort l’argent ? La fabrique se rémunèrera sur le succès potentiel des ventes des 5 projets mais n’aura aucun droit d’auteur sur le projet lui-même, un peu comme un producteur.

C’est donc un projet un peu fou qui voit le jour mais qui bousculera à coup sûr le petit monde des grands formats. Et comme l’aurait presque dit Valery Giscard-d’Estaing « Au revoir… et bon vent »

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