Premières esquisses sur la compétition de fiction dramatique

Hivatal, réalisé par Viktor Oszkar Nagy, Hongrie, 53 min, Campfilm production.

Groenland, réalisé par Thomas Kaan, Pays-Bas, 1h 30, Endemol Nederland production.

Henry, réalisé par Phillipp Fussenegger, Autriche, 52 min, Funfairfilms.

Vous l’attendiez, elle vient de commencer, la compétition du 29ème FIPA a débuté ce mercredi et nous sommes allés voir trois films qui concourent dans la catégorie téléfilm dramatique.

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Henry, héros du film éponyme de Phillipp Fussenegger est le nouvel interne d’un pensionnat spécialisé dans l’enseignement musical. Cet enfant quasi muet, inadapté socialement, trouve dans la pratique de l’orgue un moyen d’expression. Son talent grandissant attire l’attention de sa professeure mais aussi les foudres de son camarade de chambre Erik qui voit en Henry une menace à son statut de prodige de l’école. Plongé dans un véritable enfer, victime de brimades à répétition, le jeune homme dresse l’orgue comme un rempart à la violence qu’il subit. Portée par un formidable duo d’acteurs, cette fiction plonge le spectateur dans une atmosphère étouffante au travers d’une succession de plans « cliniques » de l’angoissant pensionnat. Cette projection a été avant tout l’occasion pour les spectateurs de faire la rencontre de l’acteur principal Lukas Till Berglund, venu présenter ce téléfilm. A sa présence s’est ajoutée celle du réalisateur et de la productrice du second film en compétition, Hivatal.

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À l’heure où le sujet de l’immigration est au centre de l’attention médiatique européenne, cette histoire fait écho à des événements contemporains bien qu’elle ait été écrite auparavant. Viktor Oszkar Nagy nous fait partager la vie d’Anna, fonctionnaire au service de l’immigration en Hongrie, tout juste embauchée. Cette histoire touchante nous emporte dans la vie de personnes immigrées qui, au grès de parcours difficiles, de situations compliquées, essaient par tous les moyens de rester sur le continent européen. Leur espoir ? Obtenir un titre de séjour ou, au meilleur des cas, la nationalité hongroise. Dès le début de la projection, la productrice tient à nous signifier que les histoires que nous allons voir sont inspirées de personnes réelles ayant côtoyé le bureau de l’immigration. Grâce à un considérable travail sur la photographie de Tamas Dobos et Viktor Oszkar Nagy, une lumière empathique vient renforcer les scènes poignantes qui s’enchaînent sur l’écran. L’authenticité est une des forces du film, et le jeu des acteurs, débordant de sincérité, soutient la pertinence du sujet. Dans le rôle principal, Anna Fignar, sublime actrice non professionnelle, nous interpelle sur la nécessité de garder notre humanité face à ces drames.

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Attention infos !

La société de production a déjà réalisé plusieurs films documentaires sur le sujet de l’immigration, le réalisateur alors a pu suivre durant plusieurs semaines la vie quotidienne du bureau de l’immigration et les histoires de ces familles. Lorsque le film fut fini, il a été organisé une projection avec la directrice de l’immigration hongroise et elle fut choquée par l’histoire de la famille turque. Elle aurait aimé être au courant. Depuis, la famille en question a obtenu un titre de séjour en Hongrie. Y a-t-il un lien avec le film ? Ceci restera un mystère…

Groenland

Afin de fuir la monotonie d’Amsterdam, Hugo Maes, jeune photographe, s’établit au Groenland. A son retour, ses photographies rencontrent un franc succès auprès des critiques néerlandais. Lors de son exposition, l’artiste s’éprend de la jeune Iris Samkalden. L’idyllique amour originel laisse peu à peu place à une relation rendue difficile par la complexité du caractère de Hugo, et les exigences de sa vocation. Même si la relation amoureuse est un thème phare de la fiction, ce téléfilm néerlandais parvient à tirer son épingle du jeu par une mise en scène audacieuse. Le réalisateur Thomas Kaan ancre d’emblée l’esthétique de son intrigue dans l’univers professionnel de son personnage principal en adoptant une esthétique photographique (images de types planches contacts, séquences couleur ou noir et blanc granuleuses, etc.). Cet ancrage est renforcé par une immersion dans le reportage photographique réalisé par le personnage principal. Le metteur en scène parvient à mêler fiction et documentaire pour créer une forme hybride et donner une autre sens à cette histoire, celui de la confrontation des cultures, des paysages diamétralement opposés.

Fabien Stephan & Andreas Bernal