Le hasard fait bien les choses

Le festival Il Cinema Ritrovato nous emporte vers des pépites. La fête à Henriette de Julien Duvivier (1952) en fait partie.

Bologne et son festival, Il Cinema Ritrovato, au-delà de l’émerveillement face au patrimoine cinématographique mis en valeur, c’est tout une organisation… Pour la mise en place du festival lui-même, mais aussi pour le public. Derrière l’enthousiasme à l’idée des films projetés se trouve un agencement de l’emploi du temps qui se doit d’être réfléchi. Et lorsque les horaires ne correspondent plus, que les projections des films se chevauchent et qu’il faut faire des choix, nous nous retrouvons parfois dans des salles dont nous ne connaissons rien des films. C’est alors au hasard d’abattre ses cartes !

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvées dans le Cinema Arlecchino à écouter Sophie Seydoux présenter La fête à Henriette (Julien Duvivier, 1952). Le film a été restauré en 4K en 2016 par Pathé, dans les locaux de l’Immagine Ritrovata, à partir d’une copie de distribution conservée par Pathé.

Ayant lu une simple phrase de synopsis, captée sur Wikipédia, nous nous dirigeons vers le l’Arlecchino, dépourvues d’attentes ; sur une simple envie de découvrir ce qui se cache derrière ce titre sans prétention. C’est précisément dans ces moments que la magie du festival opère. En effet, nous ne connaissons que vaguement la filmographie de Julien Duvivier, le titre du film nous laisse perplexes.

Finalement nous avons affaire à une sorte de mise en abîme. Dans la salle, nous suivons le film projeté, qui lui-même met en scène deux versions d’un film dont le scénario est en écriture. Deux scénaristes, joués par Henri Crémieux et Louis Seigner, discutent tout au long du film pour savoir quelle histoire écrire ; l’un envisage des scénarii pessimistes et noirs, l’autre optimistes. Lorsqu’ils précisent à tour de rôle leur vision du scénario, les scènes sont jouées, comme s’il s’agissait du film, que nous spectateur, devons voir à l’instant.

Dès le générique le ton de la comédie est donné. Aussi il commence avec des points d’interrogations pour chaque ligne qui pourrait indiquer le réalisateur, les scénaristes et autres participants à la réalisation du film.

Et l’humour et l’ironie ne feront que croître tout au long du film, notamment concernant l’univers à double tranchant qu’est le cinéma. Ainsi, dès la première séquence, une allusion moqueuse est faite au Voleur de bicyclette (Ladri di biciclette, Vittorio De Sica, 1949) et au Petit monde de don Camillo (Julien Duvivier, 1952), tout en évoquant le dur métier de scénariste.

Mais jusqu’à la fin, nous hésitons sur la portée que le réalisateur a voulu donner au film : la critique du cinéma par la comédie ou bien la comédie légère sans critique particulière.