L’ABC du cinéma

Retour aux bases d’une séance en salle

La projection de No land’s song d’Ayat Najafi à l’ABC nous a rappelé que le cinéma pouvait être une  expérience sociale joyeuse. Ce documentaire résolument optimiste malgré la gravité de son sujet retrace le combat de la compositrice iranienne Sara Najafi. Son projet apparemment anecdotique de monter un concert public de solistes féminines devant un public mixte s’inscrit directement en opposition aux règles dictées par les autorités iraniennes.

Les censeurs inspirent certes de l’effroi : « les étrangers, on peut pas les exécuter, contrairement à vous », lance-t-on en substance à Sara, lorsqu’elle tente d’obtenir un visa pour ses chanteuses françaises et tunisienne. Mais la pugnacité du collectif enthousiasme, et la salle ne s’est pas privée de le faire entendre. Entonnant le chant célèbre d’Emel Mathlouthi, chanteuse engagée dans la Révolution tunisienne, frémissant d’excitation quand elle apparaît à l’écran, riant jaune devant l’absurde conception de la femme délivrée par les responsables religieux, le public enjoué de l’ABC fut au moins aussi rafraîchissant que l’esprit combattif de ce film, qui poursuit la lutte de Sara Najafi en lui offrant une visibilité internationale.