Un Fipa 2016 hanté par les fantômes de 2015

Après le traditionnel cérémoniel d’ouverture, la présentation des jurys et les discours du président Didier Decoin et du délégué général François Sauvagnarques, nous avons pu assister à la projection du documentaire Beatbox, boom bap autour du monde. Le début d’un festival marqué par deux traits saillants dans sa programmation, l’un choisi, l’autre s’imposant.

Réunis dans l’imposante salle de la Gare du midi, nous avons donc pu assister à une cérémonie tout à la fois simple et dense, posant les bases de ce que sera cette 29ème édition. Un festival ouvert sur le monde, de part les multiples horizons dont viennent les films comme les jurés, notamment dans le jury composé de lycéens, issus de treize pays d’Europe. Didier Decoin a alors insisté sur un principe d’égalité entre tous les films et toutes les catégories. Un festival marqué par la modernité, entre l’évocation par François Sauvagnarques d’une volonté d’un festival « tout numérique » à l’importante place accordée aux écritures de demain, le transmédia objet de multiples débats, ou le Smart FIPA, lieu d’expérimentations sensorielles pour une écriture nouvelle voulant toucher les cinq sens.

Après cette présentation, nous avons pu assister à la projection du documentaire Beatbox, boom bap autour du monde, réalisé par Pascal Tessaud. En compétition dans la catégorie documentaire de création, il s’agit d’une production de la société Temps Noir pour France Ô. Ce fut un film surprenant, bien qu’inégal, autour de ces personnages qui ne chantent, ni ne jouent d’instruments, étant par la seule force de leurs cordes vocales leur propre instrument. Après la projection, la cérémonie s’est terminée sur une jolie surprise avec l’entrée en scène de l’un des protagonistes du documentaire, le champion du monde de beatbox Alem, pour une démonstration impressionnante.

Pour en revenir au festival, un des temps forts de la programmation sera le focus sur la production audiovisuelle espagnole, à l’occasion de la consécration de la ville de San Sebastian comme capitale européenne de la culture cette année. De multiples films, téléfilms ou documentaires ibériques seront ainsi projetés lors du festival et les chaînes espagnoles seront particulièrement présentes dans les rencontres du Fipa Industry. La programmation du festival sera aussi marquée par les événements tragiques de l’année dernière, avec des productions audiovisuelles françaises prenant à bras-le-corps les multiples problématiques qu’ils posent. Ainsi, l’islam radical et le djihadisme sont des thématiques récurrentes des fictions comme des documentaires présentés cette année au FIPA.

Nous avons alors nous aussi choisi de parler de ces thèmes lourds à travers une série d’articles sur ces films et ces documentaires. Nous évoquerons les problématiques de représentation tout comme les choix de programmation, relayerons les opinions et les avis exprimés notamment lors du grand débat qui aura lieu samedi après-midi sur la question de l’Islam radical et de la distance à adopter dans sa représentation. Nous tâcherons néanmoins de couvrir un éventail plus large des films présentés, souvent plus légers, et de réaliser de multiples interviews des différents intervenants ainsi que des comptes-rendus des conférences et débats auxquels nous assisterons.
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