L’impact producing selon WG FILM

Qui dit nouvelle édition du FIPADOC dit nouvelles journées professionnelles. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir « l’impact producing » lors d’une conférence animé par Frederick Gertten et Margarete jangard de WG FILM (société de production suédoise) et qui a rencontré un grand succès auprès des festivaliers.
Mais alors, qu’est ce que « l’impact producing » ? Selon Frederick Gertten, « L’impact producing » c’est concevoir un film comme outil du changement, « a tool for change ». Aussi, la manière de produire est au moins aussi importante que le film en lui même. Pour comprendre cela, faisons un focus sur « Big boys gone bananas ! » produit par WG FILM qui mène une investigation sur les travers du commerce de la banane en ciblant particulièrement l’entreprise DOLE, une grande firme d’agro-alimentaire.

Comme pour tous les autres documentaires de WG FILM, une grande campagne de crowdfunding a été mise en place. Cette campagne a un double objectif.

Tout d’abord, elle offre une visibilité importante au film et mobilise une communauté autour du projet. En outre, elle attire l’attention des festivals et des diffuseurs, c’est le début de l’impact.

Pour que cette campagne soit un succès, elle nécessite une préparation importante. L’idée étant d’imposer une forte image de marque qui implique un travail sur le titre, les éléments graphiques, la conception d’un trailer et surtout une communication active sur les réseaux sociaux.
Les premiers jours de la campagne sont déterminants. Il faut faire parler du projet et WG FILM a pris l’habitude de s’appuyer sur des influenceurs, eux-même concernés par la cause.

De fait, les sommes récoltées par ce biais sont non-négligeables dans le budget permettant de finir la post-production et, dans certains cas, de faire face aux poursuites intentées par les entités qu’ils attaquent (ce que fit notamment la société Dole).
Pour ce film, la campagne Kickstarter a permis de réunir plus de 16 000 dollars US.
Sur l’ensemble des campagnes qu’ils ont menés, WG FILM a réuni plus de 180 000 dollars.

Frederick Gertten interviewer par Vincent Dammann

L’autre aspect dans la stratégie d’impact de WG FILM, c’est la multiplication de la diffusion de l’oeuvre lors d’événements, et particulièrement en festivals, mais dans une autre mesure, pour des projections plus particulières. Par exemple, lorsque l’un de leurs films fut diffusé devant le parlement mexicain.
Il ne s’agit pas de simple projections, ce sont avant tout des rencontres dont les échanges qui en découlent sont un aspect important dans la stratégie d’impact. Ces projections font également partie de la vision que Frederick Gertten et Margarete jangard ont de leur métier de producteur, ou le contact humain doit être privilégié.

Enfin, le changement s’opère de multiples façons. Dans l’exemple de « Big boys gone bananas ! », suite à la diffusion du film, la part de marché de DOLE a significativement diminué en Suède.
Mais la plupart des changements sont inquantifiables car il s’agit souvent de changements chez les individus eux-mêmes allant de la prise de conscience jusqu’à un engagement actif.

Nul doute qu’au travers de cette conférence, WG FILM a su démontrer que l’impact d’un documentaire ne dépend pas simplement de son propos, mais également de la manière de le produire.

Vincent Dammann & Jérémie ARNAUD