On Nous Appelait Beurettes

Pendant les années 70 à Bobigny, les enfants d’origine maghrébine ne sont pas encore empoisonnées par le racisme et les innombrables clivages sociaux qui les séparent des autres français.

Bouchera Azzouz se rappelle d’une période de forte mixité sociale entre immigrés et français, avant que ces populations ouvrières, issues de l’exode rural, quittent les cités pour les zones pavillonnaires, laissant ainsi les immigrés entre eux.

Le plus grand mérite du film est d’avoir intégré à son propos un ensemble de témoignages qui n’évoque pas seulement le racisme, mais l’inégalité des sexes et l’évolution des mentalités au sein de leurs familles. On est stupéfait d’apprendre que certaines n’ont jamais eu d’adolescence, car elles ont subi la convention matrimoniale du mariage dès la préadolescence.

Le film dresse le portrait de femmes, à la fois solides et velléitaires, lucides et complexées, maladroites et terriblement obstinées, vivant en marge de la vie sociale.

Les deux films « Nos Mères Nos Daronnes » (2014) et « On Nous Appelait Beurettes » (2018) doivent être vu selon l’auteur comme un complément logique d’information, une rationalisation inévitable de toute une génération de femmes en quête d’identité, comme un message d’espoir.