FIPA 2017 – Une cérémonie d’ouverture placée sous le signe de l’interactivité

19h30, Gare du Midi à Biarritz, Bruce Toussaint fait les 100 pas en bord de scène. D’un ton léger, il ouvrira dans quelques instants la trentième édition du Fipa. La salle se remplit progressivement d’anciens et de nouveaux, de jeunes et de moins jeunes. C’est par ailleurs ce que constate le maître de cérémonie qui s’empresse de rappeler à quel point les nouveaux modes de consommation du jeune public inspirent Continuer la lecture de FIPA 2017 – Une cérémonie d’ouverture placée sous le signe de l’interactivité

Tantale – Un film interactif ouvre le FIPA

Production : Jérémy Pouilloux & Alexandre Hallier (La Générale de Production)
Réalisation & Image : Gilles Porte
Musique : Vincent Courtois
Scénario : Marc Gibaja & Mathilde Mélèse
Montage : Catherine Schwartz & Camille Langlais.
Avec : François Marthouret, Marie Denarneau, Emile Abossolo M’Bo, Jean-Luc Bideau, Julie Bernard, Benjamin Siksou etc.

Concept et histoire 
Tantale nous plonge dans la tête du Président de la république Française alors que les deux dernières villes en compétition pour la sélection des prochains JO sont Paris et Mumbai. Dans les couloirs feutrés d’un grand hôtel, c’est plus que la localisation de jeux internationaux qui est en jeu mais des intérêts politiques, financiers et personnels. Au fur et à mesure que l’histoire se déroule des choix nous sont soumis sur nos smartphones, et la réponse recueillant le plus de choix détermine la décision du protagoniste. Au total, 25 décisions nous seront soumises pour 4 fins possibles. Les réponses aux choix, plutôt moraux ou immoraux, sont mesurées sur l’ensemble des votes et nous permettent de nous comparer à la majorité de la salle. Continuer la lecture de Tantale – Un film interactif ouvre le FIPA

Forum Métiers 2017

Le Forum des Métiers/Entreprises est organisé chaque année par les étudiants de deuxième année du Master Gestion de Patrimoines Audiovisuels.

Ce forum a pour vocation de permettre une demi-journée d’échanges et de rencontres entre les étudiants des deux promos du master patrimoine et des professionnels issus de différents secteurs. Ces discussions permettent aux étudiants d’avoir une idée plus précise des différents métiers existants, d’appréhender les différents secteurs et de développer leurs réflexions sur leurs projets professionnels.

Chaque professionnel est ainsi invité à partager son expérience, une description de ses activités et ses réflexions sur les différentes parties de la chaîne documentaire ainsi que sur les usages des images et des sons.

Cette année, le forum aura lieu dans les locaux de l’INA SUP à Bry-sur-Marne le lundi 16 janvier 2017 à partir de 14h00.

Retrouvez toutes les informations sur le forum et ses participants sur le site dédié.

L’ABC du cinéma

Retour aux bases d’une séance en salle

La projection de No land’s song d’Ayat Najafi à l’ABC nous a rappelé que le cinéma pouvait être une  expérience sociale joyeuse. Ce documentaire résolument optimiste malgré la gravité de son sujet retrace le combat de la compositrice iranienne Sara Najafi. Son projet apparemment anecdotique de monter un concert public de solistes féminines devant un public mixte s’inscrit directement en opposition aux règles dictées par les autorités iraniennes.

Les censeurs inspirent certes de l’effroi : « les étrangers, on peut pas les exécuter, contrairement à vous », lance-t-on en substance à Sara, lorsqu’elle tente d’obtenir un visa pour ses chanteuses françaises et tunisienne. Mais la pugnacité du collectif enthousiasme, et la salle ne s’est pas privée de le faire entendre. Entonnant le chant célèbre d’Emel Mathlouthi, chanteuse engagée dans la Révolution tunisienne, frémissant d’excitation quand elle apparaît à l’écran, riant jaune devant l’absurde conception de la femme délivrée par les responsables religieux, le public enjoué de l’ABC fut au moins aussi rafraîchissant que l’esprit combattif de ce film, qui poursuit la lutte de Sara Najafi en lui offrant une visibilité internationale. 

Bois d’ébène : un docufiction de création en compétition aux JCC

Bois d’ébène, de Moussa Touré. Production : Les Films d’Ici. Production exécutive : Les Films du Crocodile. Diffuseur : France 2.

Dans le haut lieu du cinéma africain que sont les Journées Cinématographiques de Carthage, on aurait pu être surpris de trouver un docu-fiction produit pour la télévision parmi les films de la compétition officielle de long-métrage. Mais Bois d’ébène pourrait être qualifié de docu-fiction de création tant c’est une œuvre à part entière du cinéaste Moussa Touré, abordant ici l’Histoire de la traite négrière et de l’esclavage.

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Rencontre avec Imed Marzouk, producteur chez Propaganda Productions

C’est après la présentation de son dernier projet de long-métrage au Takmil (sessions de pitch pour l’obtention d’aides financières à la post-production) que nous avons eu la chance de rencontrer Imed Marzouk, un des chefs de file de la nouvelle vague de producteurs tunisiens.
L’occasion de parler de sa vision de son métier de producteur et de dresser un état des lieux du cinéma tunisien. Continuer la lecture de Rencontre avec Imed Marzouk, producteur chez Propaganda Productions

À mon âge, je me cache encore pour fumer : avant première mondiale aux JCC

Aux JCC 2016 a eu lieu la première du film À mon âge, je me cache encore pour fumer, réalisé par Rayhana et adapté d’une pièce de théâtre dont elle est également l’auteure. Présenté dans la compétition Première Œuvre, le film nous parle de l’Algérie, celle que Rayhana connaît bien, et surtout, des femmes.

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Voir Amarcord en Italie

À notre arrivée à Bologne, nous découvrons les murs ocres bordés d’arcades qui s’étirent à perte de vue. La gay pride gronde encore, rivalisant avec le murmure des cigales ; le soleil s’éteint peu à peu, teintant les façades d’une lumière rougie. Une odeur douce de citron, de sueur et de thym flotte dans l’air.

Nous nous dirigeons vers le cinema Arlecchino pour assister à notre première séance, Amarcord, monstre du cinéma italien présenté en version restaurée pour la deuxième fois à Bologne. L’acteur principal du film, Bruno Zanin aujourd’hui sexagénaire, présente la séance. Malgré ses cheveux blancs, ses grands yeux bleus le trahissent aussitôt. La blague racoleuse et le sourire enjoué, il raconte ses débuts au cinéma et sa rencontre avec Fellini, alors qu’il n’est qu’un adolescent rebelle et fauché dont la gouaille séduira instantanément Il Maestro. Son histoire est fascinante mais ses airs de Delon repenti le rendent vite agaçant.
Le film commence et l’Italie, mère de tous les fantasmes, se déploie sous la pellicule. On se laisse doucement emporter par l’onirisme fellinien, oscillant sans cesse entre rire franc et mélancolie douce.
En sortant de l’Arlecchino, le monde devient fellinien à nos yeux. À la moindre brise, on s’attend à voir arriver il polline volage, annonciateur du printemps. On est surpris de ne pas trouver une tabaccaia aux courbes majesteuses en allant acheter ses cigarettes. Et le lendemain à la première séance, nulle trace de la Gradisca seule au troisième rang, passant du rire au larmes dans un nuage de Camel.
Pourtant, quelques jours plus tard, à l’orée de la campagne toscane, je me retrouve dans un bus où une femme aux proportions étonnantes, le regard ourlé de bleu canard, la bouche vermillon et la langue vive me parle en italien pendant plusieurs minutes, sous le regard étonné des autres passagers. Je finis par lui exprimer comme je peux mon incapacité à comprendre la langue mais la femme continue de me questionner, et moi de répondre comme je peux. Elle semble tout droit sortie d’un film de Fellini, et la scène s’achève sur une note comique proche de l’incongru, qui aurait sans doute plue au Maestro : un passager moustachu se met à traduire les questions de la donna jusqu’à ce que l’ensemble du bus finisse par s’intéresser à notre curieux échange autour des peaux blanches et de l’usage des éventails.

Le festival Il Cinema Ritrovato porte décidément bien son nom ; il permet de revoir des films fabuleux mais aussi de les revivre, à la manière de trésors retrouvés dans un grenier.

Mathilde R.

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