Pitchs inversés pour infos de qualité – Sunny side of the doc 2019

Ce mardi 25 juin 2019, dans le cadre du festival « Sunny Side of the Doc » à la Rochelle, s’est tenue dans l’auditorium du musée maritime, une séance de Pitchs inversés durant laquelle plusieurs plateformes francophones ont présenté leur ligne éditoriale.

La séance a débuté par une prise de parole de Laetitia Moreau, la nouvelle Présidente de la Société Civile des Auteurs Numériques, élue le 19 juin 2019 dernier. Elle a inauguré la conférence en soulignant l’importance des vidéastes numériques, qui représentent plus de 500 membres et 175 000 oeuvres, dans le répertoire de la SCAM. Un prix de vulgarisation sera d’ailleurs décerné dans les prochains mois par l’organisme afin de participer à la démarche de professionnalisation de ces créateurs.

Agnès Chauveau, Directrice déléguée à l’Innovation et à la Diffusion de l’INA, a ensuite présenté la refonte de la plateforme SVOD INA Premium, dont le lancement est prévu pour la fin d’année. Elle a informé le public présent de la réorientation du site vers des contenus plus percutants et mieux éditorialisés. Aux côtés de séries cultes telles que Thierry la Fronde ou Belphégor s’ajouteront des programmes courts valorisant l’exceptionnel stock d’archives de l’INA ainsi des cartes blanches laissées à certaines personnalités. Des appels à projets seront également communiqués afin d’inciter les créateurs à s’emparer de ces documents.

Le CNRS, représenté par Marie Mora Chevais a réaffirmé son engagement dans le domaine de la vulgarisation scientifique. Le plus important organisme de recherche français développe depuis plusieurs années une activité audiovisuelle. Il a lancé une chaine YouTube (Zeste de Science), coproduit des programmes à but pédagogique, tel que « Le Vortex » avec Arte et met en relation des porteurs de projet et chercheurs. Le CNRS se dit prêt à aider les vidéastes, souhaitant œuvrer dans le domaine de la vulgarisation, de plusieurs manières, du moment que le sujet rentre dans les champs de recherches scientifiques contemporaines.

C’est ensuite Antonio Grigolini, le responsable de France TV Slash qui a pris la parole afin d’informer le public sur les intentions de l’offre développéepar France TV et présente sur les réseaux  sociaux (Facebook, Instagram, Snapchat). Il a mis l’accent sur la nécessité pour les  contenus, de rentrer en cohérence avec les préoccupations du public cible de Slash. Construction de soi, quête d’identité, découverte de la sexualité, engagement sociétal… France TV souhaite réellement développer une marque qui parle aux « jeunes, de la sortie du lycée, jusqu’à l’entrée dans la vie active » avec des programmes qui font la part belle aux témoignages.

Nadine Dufour, la Directrice générale de Savoir.Media a ensuite pris la parole pour présenter Savoir.Media, la nouvelle identité de Canal Savoir, la chaîne de vulgarisation scientifique qui regroupe les savoirs universitaires du Québec. Afin de mieux accomplir sa mission, Canal Savoir s’est repensé en profondeur, a identifié sa cible et s’est transformé en Savoir.Media : une plateforme qui propose et éditorialise des contenus dynamiques, visuellement attrayants, accessibles à tous, sur les thèmes de la santé, l’art, la technologie, la société, et bien évidemment la science. Cette nouvelle version est donc pensée pour le web et le mobile, et offre des contenus vidéo et audio courts, ainsi que des formats plus longs mais facilement segmentables. Savoir.Media est désormais à la recherche de contenus scientifiques pérennes, qui doivent toujours mettre en valeur les propos d’un expert reconnu. La grille de la chaîne télévisée est quant à elle calquée sur la plateforme et met ainsi en lumière les contenus disponibles les plus récents.

La présentation de Tataki a été réalisée par Serge Gremion, son responsable. Tataki est la plateforme suisse de la RTS, consacrée à l’audience des 15-25 ans. En accord avec ce public, Tataki est présente sur son site web, mais aussi sur Facebook, YouTube, Instagram et Snapchat. Tataki veut valoriser la jeunesse que les médias traditionnels oublient, en la mettant à l’honneur et en la prenant au sérieux, sans se prendre au sérieux. Le but est autant la vulgarisation et le développement du sens critique que le divertissement, le développement du lien social, et la meilleure compréhension du monde qui les entoure. Tataki est fière d’être suisse et le montre, en sélectionnant des projets engagés mais toujours proches de la culture de la rue. Les thèmes abordés par ses contenus sont la pop culture et la communication, ainsi que la culture urbaine et la société : des sujets proches des jeunes. Du côté des formats, on retrouve des modèles adaptés aux mobiles et à la consommation rapide et fluide sur les réseaux sociaux : des séries de 5 à 12 minutes, des vidéos IGTV. Les genres varient du documentaire à l’interview, en passant par le décryptage, l’investigation, et sans avoir peur de faire des croisements entre tous ces genres. Si Tataki se concentre principalement sur la production helvétique, ils restent ouverts à la coproduction internationale.

Gilles Freissinier, Directeur du développement numérique d’Arte, a clôturé la séance avec sa présentation du Vortex et de la stratégie numérique d’ARTE. Il a ainsi rappelé qu’ARTE se pense toujours comme un média européen avant d’être numérique, mais que le numérique est désormais au cœur de sa création originale, et qu’il bénéficie d’un développement spécifique chez ARTE. Ainsi, la nouvelle websérie d’animation documentaire Une Espèce À Part, pensée pour le mobile, cherche à remettre l’homme en perspective par rapport à l’univers. Le numérique est également un espace d’expérimentation : ainsi, à l’initiative du vidéaste DirtyBiology, ARTE a lancé la chaîne YouTube de vulgarisation scientifique Le Vortex. Dans chaque épisode du Vortex, quatre vidéastes issus de domaines différents traitent de façon transversale une question. Le numérique permet aussi des expériences immersives : ARTE présente aussi au festival des expériences immersives et interactives Pixii, son film en réalité virtuelle -22,7°C. Pour ARTE, le numérique permet aussi l’expérimentation sonore : ainsi Alt Frequencies est un jeu d’enquête sonore. Cette séance s’est terminée avec le rappel de l’offre que propose ARTE Radio : des contenus intimes, originaux, qui mettent des mots et des sons sur ce que l’œil ne saurait parfois voir.

Jules Dubernard, Hugo Givort & Ambre Dormoi