Saisissant Grégory Gadebois – Des fleurs pour Algernon

Présenté en compétition, « Des Fleurs pour Algernon » d’Yves Angelo adapté de la nouvelle de Daniel Keyes du même nom, était présenté au Casino le mercredi 22 janvier.

<img class="size-full wp-image-405" alt="Gregory Gadebois dans la fiction quasi expériementale "Des fleurs pour Algernon" d'Yves Angelo" src="http://atelierproduction-inasup.com/wp-content/uploads/Gregory-Gadebois see here now.jpg » width= »666″ height= »1000″ srcset= »http://atelierproduction-inasup.com/wp-content/uploads/Gregory-Gadebois.jpg 666w, http://atelierproduction-inasup.com/wp-content/uploads/Gregory-Gadebois-199×300.jpg 199w » sizes= »(max-width: 666px) 100vw, 666px » />
Gregory Gadebois dans la fiction quasi expériementale « Des fleurs pour Algernon » d’Yves Angelo

L’histoire se résume ainsi : Charlie est simple, son QI ne dépasse pas 68. Soumis à des tests d’intelligence, il se fait battre à chaque fois par Algernon, une souris blanche qui parvient à trouver la clé pour sortir du labyrinthe plus rapidement que lui.

Mais Charlie a envie d’apprendre, surtout grâce à Miss Kinian, le professeur dont il est secrètement amoureux. Sélectionné du fait de sa motivation, Charlie devient le cobaye d’une expérience scientifique ayant pour but de faire tripler son QI. Après l’opération réussie, Charlie entame une lente et régulière ascension. Ses progrès sont fulgurants. Petit à petit, il se met à dévorer des livres, se passionne pour les mathématiques, la biologie, la musique, la littérature, dépassant de loin par ses capacités les chercheurs qui l’ont pris en charge. Charlie découvre aussi l’amour et les ficelles de la drague. Il devient désormais Charles.

Mais lorsqu’Algernon, qui a subit la même opération que lui commence à montrer des signes de régression, tout s’inverse. La peur et l’agressivité s’installent chez Charles. Il tente de trouver une solution scientifique pour empêcher la courbe de s’inverser, sans succès : sa propre régression est déjà en route… Charles glisse peu à peu contre sa volonté sur la pente descendante de la décadence jusqu’à redevenir le Charlie simplet initial.

Grébory Gadebois dans le rôle de Charlie/Charles est saisissant. Il tient seul le film du début à la fin, étant avec Algernon, le seul personnage de cette fiction. Sous forme d’un long monologue qu’il adresse à la caméra, Grégory Gadebois interprète avec une très grande justesse toutes les étapes du cheminement de son personnage, d’abord vers l’intelligence, puis vers la simplicité. Epuré, son jeu n’est habité par aucun cliché, tant lorqu’il joue le Charlie simplet que le brillant Charles. Il va même jusqu’à nous suprendre dans ses intonations et dans son jeu physique : la chute de chaque phrase n’est jamais celle que l’on attend. Bien que la forme du film soit extrêment simple (Charlie est filmé seul en plan fixe dans son appartement, dans sa chambre d’hôpital, au laboratoire et parfois en extérieur), chaque séquence  présente une nouvelle pirouette et pose un nouvel enjeu. L’acteur réussit l’exploit de nous maintenir en haleine pendant 1h30 à la seule force de sa voix, de son regard, et du rythme de son jeu qui évoluent de scène en scène.

Ce paradoxe constitue certainement la force du film : un dispositif outrageusement simple sert une histoire complexe, et permet de révéler la force du jeu du seul personnage filmé: Charlie/Charles.

Par ailleurs, le film à la forme quasi expérimentale laisse beaucoup de place à l’interprétation du spectateur: on peut aussi bien le voir comme un documentaire voyeuriste  type « Strip Tease » que comme une fable lyrique récitée dans différents décors.

Dans tous les cas, le film d’Yves Angelo se distingue parmi les programmes proposés cette année au FIPA et ne laisse personne indifférent.

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