Archives par mot-clé : Documentaire

Lady you shot me, Vie et mort de Sam Cooke

En ce début de matinée, le réalisateur allemand David Czarnetzki nous propose un documentaire sur le roi de la Soul : Sam Cooke. You Send me, A Change is Gonna Come, Summertime… Autant de classiques qui ont influencé d’autres géants tels que Marvin Gaye, Otis Redding ou Smokey Robinson, et ayant participé à la construction du genre.

Ce film se focalise essentiellement sur les circonstances sordides de la mort de cet artiste alors au sommet de sa gloire, tout en évoquant l’influence qu’auront sa musique et sa volonté d’indépendance sur les futurs stars noires de la musique. Au travers d’une bande son naturellement envoûtante car exclusivement composée des nombreux hits du chanteur, Czarnetzki tente de résumer en une heure et demie l’enfance, les premiers succès ou encore les tentatives de Sam Cooke pour s’affranchir de l’exploitation des labels, en insistant particulièrement sur l’enquête menée à la suite des circonstances troublantes qui entourent la mort de l’artiste, retrouvé sans vie dans un hôtel miteux de Los Angeles: et c’est raté.

La narration, confuse, et répétitive, au style barriolé, organise un chapitrage peu sensible à la vie de cet artiste au talent immense. Le film consacre la majeure partie de son propos à refaire le fil de l’enquête bâclée sur sa mort, mettant en lumière les théories complotistes, ou le rôle suspect du comptable-arnaqueur Allan Klein, au détriment d’un développement sur sur sa vie d’homme, de musicien d’influence ou d’activiste dans le mouvement des droits civiques. Seuls quelques rares minutes s’attachent à décrire le système d’exploitation injuste des labels, et sur la manière dont Cooke a cherché à s’émanciper, en devenant lui-même un producteur talentueux, dénichant des jeunes talents tel que Bobby Womack.

Les icônes de légendes comme Sam Cooke sont par définition des mystères. Mais l’ambition de ce documentaire était de comprendre qui était Sam Cooke et on sort confus de cette séance : nous avons le droit à des témoignages de fans, d’anciens camarades de musique, de proches l’ayant vaguement connu comme son neveu et son ancienne assistante. Mais à aucun moment le film nous permet de rentrer dans l’intimité de l’artiste, donnant l’impression que Sam Cooke reste un mythe indéchiffrable au sourire bright et figé .

Njoki Nyoli et Korotoumou Dabo

39-45 : la guerre des enfants

Roger, Francine, Massin, Simone, Jean Louis, Tomi, Jean, Robert, Raymonde, Pierre et Loïc : 11 enfants de la guerre, 11 destins, 11 tragédies.

Dans ce documentaire, Julien Johan et Michel Durren abordent la seconde guerre mondiale d’une manière inédite, humaine et personnelle. A travers leurs journaux intimes et leurs témoignages, les 11 rescapés nous racontent ce qu’ils ont vécu. C’est émouvant, tragique, et dans la salle nous entendons les pleurs étouffés des spectateurs replongés dans l’horreur de 39-45.

Les images d’archives colorisées et illustrations animées mettent en images les témoignages de ces, désormais, vieux enfants de la guerre. Les réalisateurs mettent des images sur des maux : tout dans ce film permet de donner sens à l’expérience traumatisante par laquelle ils sont passés. Le réalisme rendu possible par la colorisation des archives, associé à l’imaginaire enfantin des dessins ne peuvent provoquer l’empathie du spectateur.

Évidemment nous pourrions reprocher au film de tomber dans le sentimentalisme. Mais les récits sont à la fois pudiques et dignes. La simplicité parfois naïve du texte et du ton de la voix off, induite par ces journaux intimes et ces correspondances d’enfants, permettent au spectateur de découvrir cette époque sous un angle direct, lucide et sincère.

Aujourd’hui, chacun à leur manière contribue au travail de mémoire. Francine et Robert vont dans les écoles témoigner de leur histoire, Loïc s’est engagé en politique et a participé à la construction de l’Union Européenne, Tomi est devenu dessinateur satiriste et continue, comme durant son enfance, à moquer le fascisme ambiant.

Nous sentons que la vie de ces personnes a été ravagée par ce qu’ils ont vécu dans leur enfance et c’est avec une certaine amertume que les obstacles qu’ont dû traverser ces enfants résonnent encore aujourd’hui.

 

Korotoumou Dabo, Romain Peter, Morgane Praud

 

 

PITCH SESSION – SUNNY SIDE (Global Issues and Digital Creation)

Voici donc deux jours que nous, étudiants de l’Ina, nous sommes arrivés à la Rochelle. Ce fut l’occasion pour nous de voir une multitude de choses, cela nous a permis de rencontrer différentes personnes mais également d’autres formations comme la Filmakademie.

 

Hier pour ma part, j’ai décidé d’aller voir comment se déroule une Pitch Session. Je suis donc allé voir les pitch « Digital Creation » et les « Global Issues ».

Dans les deux cas, j’ai pu remarquer la qualité des projets présentés, mais si je devais retenir deux projets, pour la qualité intrinsèque du projet, premièrement mais également pour la présentation réussie, dans un second temps, ce serait :

Pour la pitch session « Digital Creation »: Anokua,The Guardians Of Balance, produit par Small Bang (Pierre Cattan, et présenté hier avec une des auteurs Gaitena Valbuena. Si vous ne connaissez pas le projet, c’est à la page 40 du guide « Projects & Programmes » du Sunny Side. C’est un projet plein d’humanité où nous partirons à la rencontre d’une nouvelle culture qui est très attachée à une vision alternative du temps et de l’espace. Ce projet se déclinera sous plusieurs formats dont la réalité virtuelle, point fort cette année du Sunny Side.

Pour la seconde Pitch Session, ce sera pour moi sans aucun doute Inside my box, produit par Yuzu Productions (Christian Popp). Merci à ce projet qui a vraiment ensoleillé ma journée hier, car c’est également un projet plein d’humanité. L’histoire d’une amitié sur 12 ans où deux protagonistes (Ale & Casey) partent à la rencontre des personnes qui vivent sur les différents lieux où se sont passées les plus importants combats de la décennie. Un beau projet que je vous encourage donc également à découvrir. (Page 44 du guide).

Maintenant il est temps de continuer ce très beau marché et donc rendez-vous ce matin à la Pitch Session « Arts & Culture ».

 

Bonne journée !

 

Fabien Stephan

Feux bimédia sur le beatbox

Beatbox, boom bap autour du monde, réalisé par Pascal Tessaud – Production : Temps Noir – Diffuseur : France Ô – Durée : 52min.

Beatbox Maker, application pour iOS et Android, conçue par Florent Maurin – Production : Temps Noir et France Télévision Nouvelles Ecritures.

Dans une programmation marquée à juste titre par l’actualité la plus sombre, dont de nombreux films se sont fait l’écho, le choix de Beatbox, boom bap autour du monde comme film d’ouverture du FIPA 2016 formait un contrepoint détonant et bienvenu.

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Rencontre avec Jean-Michel Carré, président du jury documentaire de création

Président du jury « documentaire de création », Jean-Michel Carré, réalisateur de plus de soixante documentaires, évoque ici l’évolution de son métier, sa conception d’un documentaire de création et nous donne un avis sur les films en compétition.

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Un Fipa 2016 hanté par les fantômes de 2015

Après le traditionnel cérémoniel d’ouverture, la présentation des jurys et les discours du président Didier Decoin et du délégué général François Sauvagnarques, nous avons pu assister à la projection du documentaire Beatbox, boom bap autour du monde. Le début d’un festival marqué par deux traits saillants dans sa programmation, l’un choisi, l’autre s’imposant.

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