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Jeune Création : 3 courts-métrages serbes

Mercredi 25 janvier à la médiathèque, la création serbe est venue apporter un vent d’optimisme après les films quelque peu désenchantés de la London Film School dans la section «Jeune Création», avec trois courts-métrages de la Faculté des Arts Dramatiques (FDU).

De gauche à droite : Jelena Gavrilović, Dora Filipović et Nikola Zdravković
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Studio+ : les séries pour le tout petit écran

Lancée fin novembre, l’application Studio+ est arrivée sur le marché de la fiction audiovisuelle en apportant une vraie nouveauté : des séries au format court conçues pour un visionnage sur smartphone. Gilles Galud, directeur du projet était au Fipa hier pour présenter Crime Time en présence de l’équipe de la série.

C’était la première fois hier que Julien Trousselier, jeune réalisateur de Crime Time, voyait sa série sur grand écran. Le passage du cinq pouces à l’écran du cinéma Le Royal de Biarritz n’a pas desservi sa première fiction. « Ça a de la gueule quand même » comme il le résumait plutôt bien.

Parce que oui, Crime Time, comme toutes les autres séries diffusées et produites par Studio+, est d’abord destinée aux écrans de smartphones. Affilié au groupe Canal, la force de ce projet tient dans cette originalité, pour 4,99 euros par mois, les utilisateurs ont accès à des séries dont les épisodes ne dépassent pas les dix ou douze minutes et sont conçus pour être visionnés sur un smartphone. Dans un monde où le temps disponible serait devenue une denrée rare, Studio+ veut vous divertir là où un épisode de Games of Throne est trop long pour ce trajet en bus mais où parler à votre voisin reste définitivement inconcevable. Pari risqué pour ce Netflix français du format court mais plutôt réussi à en croire les réactions du public hier soir.

Breaking bad brésilien ?

Effectivement, Crime Time en a mis plein les yeux pour les spectateurs présents dans la salle. Le pitch, Antonio Padaratz est un présentateur de télé brésilien dont l’émission est suivie par près de la moitié du pays. Il se rend dans les favelas de Sao Paulo et montre sans aucune pudeur, les crimes les plus macabres de ces quartiers. Pourtant, « Tony » lui-même n’a pas toujours vécu sous les projecteurs et a d’abord été un flic un peu minable de ces mêmes rues. Cette première saison raconte, comment l’homme, à la morale très contestable, a réussi à atteindre les sommets. Une histoire très largement inspirée de celle de Walace Souza.

 

Crime Time a tout pour conquérir le public jeune qu’elle vise : violence, action, sexe et humour. Le format smartphone favorise beaucoup les gros plans mais a aussi l’avantage de jouer énormément sur le son. « Les utilisateurs de smartphones utilisent des écouteurs, le son nous a paru important et permet de représenter tout ce qui n’est pas dans l’image et créer une véritbale immersion » assure Gilles Gallud. Si certains devront s’habituer à ce nouveau mode de visionnage, les autres s’y feront très rapidement. Donc si vous êtes de ceux qui dégainent leur appli YouTube dès que l’ennui se fait sentir ou de ceux pour qui binge watching est devenu le quotidien, votre bonheur est peut-être ici. Le rythme est soutenu (le format court ne laissant pas vraiment le temps au silence), l’image est soignée et le jeu des acteurs, – en particulier d’Augusto Madeira, convaincant en tueur froid et cynique et touchant en bon père de famille – est très juste et parvient à nous emmener au cœur des favelas.

La qualité en dix minutes

Car la force de Studio+, c’est aussi ça. En proposant des séries de qualité au format très court et sur mobile, elle vise un public très précis. « Les 25-45 ans sont le cœur de cible » selon Gilles Galud, « un public de télé connoisseurs qui sont habitués à du contenu pointu ». En opposition donc avec une télé traditionnelle, rassembleuse mais plus lisse. La plateforme travaille donc avec des équipes très jeunes, des réalisateurs au scénaristes, qui leurs proposent des sujets originaux avec une esthétique recherchée. Rapidement, Studio+ pourrait très probablement se présenter comme un véritable vivier de jeunes talents et pourrait servir de tremplin pour passer des dix minutes au long format. C’est d’ailleurs ce que certains peuvent regretter, le fait de gâcher certains talents en les enfermant dans ce cadre si restreint de la durée et du support.

Il est encore tôt pour juger du succès ou non de Studio+ mais on ne peut définitivement pas contester la qualité des contenus proposés ni de l’originalité et de la vraie nouveauté du concept. De plus, l’application vise grand en étant présente dans une vingtaine de pays dans le monde entier tout en proposant les mêmes contenus internationaux. Il est ainsi possible de visionner des séries danoises, brésiliennes ou américaines, une garantie d’avoir toujours plus de contenus variés et originaux. Comme pour l’année dernière, 35 millions d’euros seront investis cette année, l’objectif étant de multiplier les positions en Asie, Amérique latine et ailleurs encore.

Premières esquisses sur la compétition de fiction dramatique

Hivatal, réalisé par Viktor Oszkar Nagy, Hongrie, 53 min, Campfilm production.

Groenland, réalisé par Thomas Kaan, Pays-Bas, 1h 30, Endemol Nederland production.

Henry, réalisé par Phillipp Fussenegger, Autriche, 52 min, Funfairfilms.

Vous l’attendiez, elle vient de commencer, la compétition du 29ème FIPA a débuté ce mercredi et nous sommes allés voir trois films qui concourent dans la catégorie téléfilm dramatique.

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Henry, héros du film éponyme de Phillipp Fussenegger est le nouvel interne d’un pensionnat spécialisé dans l’enseignement musical. Cet enfant quasi muet, inadapté socialement, trouve dans la pratique de l’orgue un moyen d’expression. Son talent grandissant attire l’attention de sa professeure mais aussi les foudres de son camarade de chambre Erik qui voit en Henry une menace à son statut de prodige de l’école. Plongé dans un véritable enfer, victime de brimades à répétition, le jeune homme dresse l’orgue comme un rempart à la violence qu’il subit. Portée par un formidable duo d’acteurs, cette fiction plonge le spectateur dans une atmosphère étouffante au travers d’une succession de plans « cliniques » de l’angoissant pensionnat. Cette projection a été avant tout l’occasion pour les spectateurs de faire la rencontre de l’acteur principal Lukas Till Berglund, venu présenter ce téléfilm. A sa présence s’est ajoutée celle du réalisateur et de la productrice du second film en compétition, Hivatal.

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À l’heure où le sujet de l’immigration est au centre de l’attention médiatique européenne, cette histoire fait écho à des événements contemporains bien qu’elle ait été écrite auparavant. Viktor Oszkar Nagy nous fait partager la vie d’Anna, fonctionnaire au service de l’immigration en Hongrie, tout juste embauchée. Cette histoire touchante nous emporte dans la vie de personnes immigrées qui, au grès de parcours difficiles, de situations compliquées, essaient par tous les moyens de rester sur le continent européen. Leur espoir ? Obtenir un titre de séjour ou, au meilleur des cas, la nationalité hongroise. Dès le début de la projection, la productrice tient à nous signifier que les histoires que nous allons voir sont inspirées de personnes réelles ayant côtoyé le bureau de l’immigration. Grâce à un considérable travail sur la photographie de Tamas Dobos et Viktor Oszkar Nagy, une lumière empathique vient renforcer les scènes poignantes qui s’enchaînent sur l’écran. L’authenticité est une des forces du film, et le jeu des acteurs, débordant de sincérité, soutient la pertinence du sujet. Dans le rôle principal, Anna Fignar, sublime actrice non professionnelle, nous interpelle sur la nécessité de garder notre humanité face à ces drames.

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Attention infos !

La société de production a déjà réalisé plusieurs films documentaires sur le sujet de l’immigration, le réalisateur alors a pu suivre durant plusieurs semaines la vie quotidienne du bureau de l’immigration et les histoires de ces familles. Lorsque le film fut fini, il a été organisé une projection avec la directrice de l’immigration hongroise et elle fut choquée par l’histoire de la famille turque. Elle aurait aimé être au courant. Depuis, la famille en question a obtenu un titre de séjour en Hongrie. Y a-t-il un lien avec le film ? Ceci restera un mystère…

Groenland

Afin de fuir la monotonie d’Amsterdam, Hugo Maes, jeune photographe, s’établit au Groenland. A son retour, ses photographies rencontrent un franc succès auprès des critiques néerlandais. Lors de son exposition, l’artiste s’éprend de la jeune Iris Samkalden. L’idyllique amour originel laisse peu à peu place à une relation rendue difficile par la complexité du caractère de Hugo, et les exigences de sa vocation. Même si la relation amoureuse est un thème phare de la fiction, ce téléfilm néerlandais parvient à tirer son épingle du jeu par une mise en scène audacieuse. Le réalisateur Thomas Kaan ancre d’emblée l’esthétique de son intrigue dans l’univers professionnel de son personnage principal en adoptant une esthétique photographique (images de types planches contacts, séquences couleur ou noir et blanc granuleuses, etc.). Cet ancrage est renforcé par une immersion dans le reportage photographique réalisé par le personnage principal. Le metteur en scène parvient à mêler fiction et documentaire pour créer une forme hybride et donner une autre sens à cette histoire, celui de la confrontation des cultures, des paysages diamétralement opposés.

Fabien Stephan & Andreas Bernal

Pitch au Fipa : L’histoire d’une minute

Mercredi 20 janvier a débuté au FIPA la première pitch session de la semaine, au sein du FIPA Industry. Animée par le réalisateur espagnol Oskar Tejedor, la séance a permis aux auteurs sélectionnés par le festival d’exposer devant une équipe de commissioning editors internationaux leurs projets de fiction et séries.

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La recette miracle pour une sélection de bonnes fictions

Pierre Sullice, sélectionneur dans la catégorie « fiction » pour la deuxième année consécutive, a accepté de se prêter au jeu de l’interview pour nous répondre au sujet du processus de sélection qui prévaut aujourd’hui au FIPA. Tour à tour réalisateur, lecteur pour les plus grandes chaînes ou encore intervenant dans les lycées, et se destinant à présent au marché florissant du transmedia, Pierre Sullice, par son accès exclusif aux coulisses du FIPA, nous révèle la recette, s’il y en a une, d’une sélection de choix et de caractère.

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