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Le hasard fait bien les choses

Le festival Il Cinema Ritrovato nous emporte vers des pépites. La fête à Henriette de Julien Duvivier (1952) en fait partie.

Bologne et son festival, Il Cinema Ritrovato, au-delà de l’émerveillement face au patrimoine cinématographique mis en valeur, c’est tout une organisation… Pour la mise en place du festival lui-même, mais aussi pour le public. Derrière l’enthousiasme à l’idée des films projetés se trouve un agencement de l’emploi du temps qui se doit d’être réfléchi. Et lorsque les horaires ne correspondent plus, que les projections des films se chevauchent et qu’il faut faire des choix, nous nous retrouvons parfois dans des salles dont nous ne connaissons rien des films. C’est alors au hasard d’abattre ses cartes !

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Bologne : une arrivée en péniche.

Parce que nous ne nous doutions pas qu’en Italie, un film en noir et blanc des années vingt en version originale sous-titrée peut encore déplacer les foules, nous sommes arrivés un quart d’heure avant le début de la projection, face à plusieurs centaines de chaises occupées, contraints de voir, par 37° C, assis sur les pavés engorgés de soleil, le chef d’œuvre de Jean Vigo tourné en plein hiver. Notre premier contact avec Bologne a donc été une contradiction sensuelle, entre l’odeur du pavé chaud et le noir et blanc glacé de l’écran de toile.

L’introduction de Nicolas Seydoux (Gaumont), Costantin Costa-Gavras (Cinémathèque française) et Margaret Bodde (The Film Foundation) a fait écho à la présentation des rushes de l’Atalante qui avait eu lieu quelques mois plus tôt lors de l’Orphan Film Symposium à la Cinémathèque française, où il a beaucoup été question du froid par lequel le tournage s’est déroulé. Des rushes où l’on perçoit la souffrance des acteurs, qui s’emmitouflent dans des couvertures dès la fin de leur scène, mais aussi les plans sur les arbres enneigés, sans feuilles et l’eau gelée, coupés au montage car la jeunesse de l’amour ne se représente qu’au Printemps et que Jean Vigo a voulu faire illusion. Même Météo France, autrefois Office national météorologique, garde souvenir des températures négatives de l’hiver 1933, survenu en pleine crise économique : « Sur la Seine, les glaçons sont si énormes que la navigation doit être interrompue entre Rouen et Paris, mais le fleuve ne gèle pas complètement. ».

Il y avait aussi la chaleur du public italien, celle dont on rêve lorsqu’on a vu Cinema Paradisio : son brouhaha, ses fumées de cigarettes, ses applaudissements, ses rires éclatant à tout moment et se propageant à toute l’assemblée.

A la nuit tombée, les premiers plans de L’Atalante inondent la Piazza Maggiore. Inonde, car c’est bien cela dont le film parle : une vague de beauté et de délicatesse, un noir et blanc sublime et des acteurs terriblement touchants. Si, comme l’explique Juliette, le visage de l’être aimé apparaît sous l’eau à celui qui ose y ouvrir les yeux, nous passons une heure et demie sous l’eau avec eux, les yeux grands ouverts, subjugués. 

Lorsque Juliette (Dita Parlo) épouse Jean (Jean Dasté), elle accepte de le suivre sur sa péniche, « L’ Atalante », et donc de vivre recluse avec son mari et l’équipage : le père Jules (Michel Simon, magnifique de tendresse), son mousse (Louis Lefebvre) et une famille de chats. Cette vie s’avère vite frustrante et compliquée pour Juliette, qui décide de s’enfuir pour découvrir Paris. 

Flottant dans un monde à eux, décalé de la ville et de la vie, comme dans un rêve, les habitants de « L’ Atalante » se détachent des contraintes du réel et Jean Vigo avec eux. Le réalisateur se libère du cinéma de son époque et avec lui, ses personnages. Si ce film est d’une délicatesse sans nom, il est aussi celui de la passion, de la fusion des corps des deux amants, fous amoureux. On notera ce sublime plan par surimpression, qui réunis les corps du couple séparé dans un même plan, leur permettant de se retrouver et de faire l’amour. Magique, c’est aussi le caractère de ce film : les plans de la mariée sous l’eau, rejoint par Jean sont légendaires. Dans une danse sous-marine tragique et sublime, les amants, les yeux ouverts, se réunissent sous l’eau, formant un couple fantôme éternel et emportant Jean Vigo avec eux.

Annabelle Le Gallou & Lucia Joncourt.

Ma rencontre avec Jean Douchet au festival de Bologne

Que de découvertes cette année, au festival Il Cinema Ritrovato! Des films classiques comme l’Atalante de Jean Vigo diffusé place Maggiore ; Med Hondo, un réalisateur engagé, et notamment son très beau film Sarraounia ; des films iraniens datant des années 1950, où les femmes sont cheveux au vent et vêtue à la mode occidentale à travers les films du cinéaste Samuel Khachikian, … Et une très belle soirée de clôture avec la présence d’Agnès Varda et JR qui présentaient leur film Visages, Villages. Mais au cœur de ce festival, j’ai croisé de nombreuses fois un visage, qui m’est devenu familier, celui de Jean Douchet.

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Le génie Emile Cohl, pour la première fois au festival de Bologne

Je souhaiterais consacrer cet article à un de mes coups de cœur du Festival Il Cinema Ritrovato, édition 2017 : La projection de certains courts-métrages du caricaturiste et créateur de dessins animés français Emile Cohl. Gaumont et Pathé ont uni leurs forces afin de restaurer numériquement ces films, pour la première fois présentées au festival. Deux séances de projection ont été prévues, le 25 et 27 juin, d’une quinzaine de films d’animation réalisés à Gaumont entre 1908 et 1910 et quatre productions Pathé à partir de 1911.

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Un festival d’ombres et de lumières

La 31ème édition du festival Il Cinema Ritrovato est le reflet d’une ville atypique qui, sous certains aspects, existe toute entière à travers l’impression photographique.

 

cineteca di bologna festival cinema
Piazzetta Pasolini : lieu emblématique du festival, la place Pasolini regroupe les principales salles de conférences. On y trouve le marché du film organisé dans la bibliothèque ainsi qu’un petit café du cinéma.

 

En marge du Festival : un important patrimoine photographique

 

Si les trois pôles de la cinémathèque de Bologne sont des acteurs majeurs de la préservation et de la restauration du patrimoine cinématographique mondial, Bologne est aussi, et avant tout, une ville de photographie. De nombreuses boutiques et ateliers de photographie argentique et numérique perdurent dans le centre-ville, parfois depuis plus d’un siècle. En parallèle du festival, une exposition photographique est installée jusqu’au 30 septembre dans les sous-sols de la place principale. Celle-ci retrace l’histoire de la ville à travers un parcours mêlant histoire des techniques et témoignages artistiques et historiques. La scénographie de Bologna fotografata : tre secoli di sguardi (Bologne photographiée : trois siècles de regards) n’a rien à envier aux haut-lieux parisiens de la photographie que sont le Jeu de Paume et la MEP.

 

Bologne, ville de contrastes

 

sunset in italian street festival cinema
Via Pescherie Vecchie : en fin d’après-midi, des stries de lumière apparaissent dans les rues les plus étroites…

 

Bologne est une ville de lumière et d’ombre. Comme dans les villes du sud, les rues se veulent étroites et engorgées. Partant du centre historique, des axes plus larges recouverts d’arcades donnent aux voies piétonnes des tons zébrés fortement contrastés.

De nuit comme de jour, le public se presse pour un autre spectacle. Celui, tout aussi contrasté, des salles de projection du festival.

 

main avenue bologna festival cinema
Via Ugo Bassi : les grandes artères offrent de larges pans d’ombre. La température au soleil avoisine les 40 degrés…

 

projection lanterne cinema ancienne
Piazzetta Pasolini : la nuit, la lanterne du projecteur laisse s’échapper une colonne de fumée lumineuse…

De la même façon, la programmation de cette 31ème édition se veut hétéroclite. Les projections 4K contrastent ainsi avec les projections à la lanterne. La qualité de certaines restaurations (notamment celles du Kinemacolor datant déjà d’une quinzaine d’années !) parait désuète aux vues de l’imposante démonstration de force de ce début de festival : la projection d’une prise de vues d’Etienne-Jules Marey montrant la Place de la Concorde à la fin du XVIIIème siècle (numérisée l’année dernière en 13K).

 

screen on the main place bologna festival cinema
Piazza Maggiore : au centre de la ville, l’écran principal sur lequel les spectateurs ont pu assister à la projection numérique de Place de la Concorde, la prise de vues d’Etienne-Jules Marey récemment restaurée.

 

 

Le cinéma comme patrimoine photochimique et mécanique

 

Ici, les supports de projections sont multiples, tout comme les procédés utilisés. Ainsi, même si l’accent n’est pas mis sur cette pluralité de techniques, on ne peut tout de même, en tant que spectateur néophyte, qu’apprécier la multitude d’expériences qui s’offre à nous. Toujours tourné vers ses origines techniques tout en s’adaptant à un public baigné dans le numérique, le festival nous permet ainsi de voir le cinéma comme une mitraille de photographies, au bruit d’un rythme mécanique qui se fait aujourd’hui rare.

 

Précédentes éditions :

Il Cinema Ritrovato 2016

Il Cinema Ritrovato 2015

 

Article/Photos : Théo Dégranges

 

 

Jeune Création: 3 courts métrages polonais

The Polish National Film, Television and Theatre School of Lódz, l’une des écoles de cinéma les plus prestigieuses au monde, a présenté lors de la 30e édition du FIPA une sélection de courts métrages d’étudiants fraichement diplômés.

La sélection de ces films touche de près à la cellule familiale, à ses crispations et lots de réconfort. On est transportés dans l’intimité de familles polonaises, dans leur quotidien, crises et découvertes.

Dokument, de Podolec Marcin, est un film d’animation dressant le portrait d’un père esseulé après le départ de son fils. Le réalisateur ausculte les soubresauts de sa mémoire en mêlant des photographies à des bribes de souvenirs jaillissant de manière impromptue. L’humour et la nostalgie infusent un dessin épuré, tout en clair obscur. Ce flot de souvenirs, inspirés de l’histoire personnelle du réalisateur, nous a particulièrement touchées par sa poésie.

Vient ensuite Nauka, un film documentaire beaucoup plus léger, au sujet de l’apprentissage laborieux d’un poème par une classe de jeunes enfants. Buchwald Emi filme avec amusement et affection la gestuelle enfantine à l’école comme à la maison. Les images évoquent la série de photographies de Robert Doisneau qui se focalise sur l’esprit dissipé des jeunes élèves coincés entre les murs de la salle de classe. L’exercice d’apprentissage du poème donne lieu à une série de questions existentielles sur l’infinité de l’univers et la place de l’homme. Les intérieurs feutrés, aux couleurs pastel, sont filmés tels des cocons grâce à un fish eye qui tourne autour des personnages. Une technique surprenante et originale pour un court-métrage de documentaire. Ce mouvement rotatif évoque aussi celui de la planète, sujet principal du poème appris par les enfants. Les spectateurs étaient conquis et nous aussi.

Adaptacja est le film le plus sombre et tourmenté de la sélection. « La tragédie est, à mes yeux, le meilleur moyen de raconter une histoire », a confié le réalisateur, Kruhlik Bartosz, à la fin de la projection. Le film met en scène une famille ravagée par un événement tragique révélé au détour d’explosions de violence et de larmes. Le deuil et le sentiment d’étouffement sont au coeur de ces scènes de huis clos. Un thriller intimiste efficace qui continue de nous hanter après la projection.

Il y a dans Dokument et dans Adaptacja un tâtonnement autour de la redécouverte du lien entre parents-enfants à la suite d’un vide traumatique. Nauka célèbre la beauté du quotidien partagé entre les parents et leurs enfants et leur enrichissement mutuel. Autant de courts métrages qui présagent une carrière prometteuse pour leurs réalisateurs.

M-L. Nguyen et S. Langlois

Ta’agad- Army Clinic

De Nawel Fassouli et Sarah Calfond

       Parmis les dix séries qui figurent dans la programmation du FIPA cette année, se cache une perle israélienne « Ta’agad – Army Clinic » why not check here. La série a été créée, écrite et réalisé par un seul et même homme, à savoir Zion Rubin. Dans cette série “fleuve” au format proche du feuilleton – 40 épisodes de 30 minutes pour la première saison-, nous sommes amenés à suivre le quotidien d’une équipe médicale de Tsahal, l’armée de défense israélienne. Huit jeunes infirmiers militaires se partagent deux petits baraquements, une douche commune, et des installations précaires. Dans ces lieux restreints, les relations hommes / femmes sont souvent tendues. L’équipe navigue entre zone de guerre, trafics de médicaments, amitié et amour, le tout en vivant des expériences souvent douloureuses.

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Barracuda – la gifle aquatique

De Hugo A. et Sarah C.

Projetée Mercredi 25 dans le cadre de la compétition, et  en présence du réalisateur, Barracuda est une série australienne,  qui raconte l’histoire de Daniel Kelly, un jeune australien issu de classes populaires, passionné de natation depuis son plus jeune âge. Ses entraînements acharnés lui permettent d’intégrer le lycée privé de Melbourne qui forme les plus grands nageurs australiens.

C’est la seconde fois que le réalisateur, Robert Connolly, s’associe avec l’écrivain Christos Tsolkias pour une mini-série. En 2011, il adaptait le roman La Gifle en huit épisodes de 51 minutes. Diffusée sur Arte en 2013, elle permit au réalisateur d’acquérir une renommée internationale. C’est pourquoi la série était tant attendue au FIPA.

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Jeune Création : 3 courts-métrages serbes

Mercredi 25 janvier à la médiathèque, la création serbe est venue apporter un vent d’optimisme après les films quelque peu désenchantés de la London Film School dans la section «Jeune Création», avec trois courts-métrages de la Faculté des Arts Dramatiques (FDU).

De gauche à droite : Jelena Gavrilović, Dora Filipović et Nikola Zdravković
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Studio+ : les séries pour le tout petit écran

Lancée fin novembre, l’application Studio+ est arrivée sur le marché de la fiction audiovisuelle en apportant une vraie nouveauté : des séries au format court conçues pour un visionnage sur smartphone. Gilles Galud, directeur du projet était au Fipa hier pour présenter Crime Time en présence de l’équipe de la série.

C’était la première fois hier que Julien Trousselier, jeune réalisateur de Crime Time, voyait sa série sur grand écran. Le passage du cinq pouces à l’écran du cinéma Le Royal de Biarritz n’a pas desservi sa première fiction. « Ça a de la gueule quand même » comme il le résumait plutôt bien.

Parce que oui, Crime Time, comme toutes les autres séries diffusées et produites par Studio+, est d’abord destinée aux écrans de smartphones. Affilié au groupe Canal, la force de ce projet tient dans cette originalité, pour 4,99 euros par mois, les utilisateurs ont accès à des séries dont les épisodes ne dépassent pas les dix ou douze minutes et sont conçus pour être visionnés sur un smartphone. Dans un monde où le temps disponible serait devenue une denrée rare, Studio+ veut vous divertir là où un épisode de Games of Throne est trop long pour ce trajet en bus mais où parler à votre voisin reste définitivement inconcevable. Pari risqué pour ce Netflix français du format court mais plutôt réussi à en croire les réactions du public hier soir.

Breaking bad brésilien ?

Effectivement, Crime Time en a mis plein les yeux pour les spectateurs présents dans la salle. Le pitch, Antonio Padaratz est un présentateur de télé brésilien dont l’émission est suivie par près de la moitié du pays. Il se rend dans les favelas de Sao Paulo et montre sans aucune pudeur, les crimes les plus macabres de ces quartiers. Pourtant, « Tony » lui-même n’a pas toujours vécu sous les projecteurs et a d’abord été un flic un peu minable de ces mêmes rues. Cette première saison raconte, comment l’homme, à la morale très contestable, a réussi à atteindre les sommets. Une histoire très largement inspirée de celle de Walace Souza.

 

Crime Time a tout pour conquérir le public jeune qu’elle vise : violence, action, sexe et humour. Le format smartphone favorise beaucoup les gros plans mais a aussi l’avantage de jouer énormément sur le son. « Les utilisateurs de smartphones utilisent des écouteurs, le son nous a paru important et permet de représenter tout ce qui n’est pas dans l’image et créer une véritbale immersion » assure Gilles Gallud. Si certains devront s’habituer à ce nouveau mode de visionnage, les autres s’y feront très rapidement. Donc si vous êtes de ceux qui dégainent leur appli YouTube dès que l’ennui se fait sentir ou de ceux pour qui binge watching est devenu le quotidien, votre bonheur est peut-être ici. Le rythme est soutenu (le format court ne laissant pas vraiment le temps au silence), l’image est soignée et le jeu des acteurs, – en particulier d’Augusto Madeira, convaincant en tueur froid et cynique et touchant en bon père de famille – est très juste et parvient à nous emmener au cœur des favelas.

La qualité en dix minutes

Car la force de Studio+, c’est aussi ça. En proposant des séries de qualité au format très court et sur mobile, elle vise un public très précis. « Les 25-45 ans sont le cœur de cible » selon Gilles Galud, « un public de télé connoisseurs qui sont habitués à du contenu pointu ». En opposition donc avec une télé traditionnelle, rassembleuse mais plus lisse. La plateforme travaille donc avec des équipes très jeunes, des réalisateurs au scénaristes, qui leurs proposent des sujets originaux avec une esthétique recherchée. Rapidement, Studio+ pourrait très probablement se présenter comme un véritable vivier de jeunes talents et pourrait servir de tremplin pour passer des dix minutes au long format. C’est d’ailleurs ce que certains peuvent regretter, le fait de gâcher certains talents en les enfermant dans ce cadre si restreint de la durée et du support.

Il est encore tôt pour juger du succès ou non de Studio+ mais on ne peut définitivement pas contester la qualité des contenus proposés ni de l’originalité et de la vraie nouveauté du concept. De plus, l’application vise grand en étant présente dans une vingtaine de pays dans le monde entier tout en proposant les mêmes contenus internationaux. Il est ainsi possible de visionner des séries danoises, brésiliennes ou américaines, une garantie d’avoir toujours plus de contenus variés et originaux. Comme pour l’année dernière, 35 millions d’euros seront investis cette année, l’objectif étant de multiplier les positions en Asie, Amérique latine et ailleurs encore.